Wall Street, hier, a salué la nouvelle. Les taux d'intérêt sur la dette américaine ont reculé. Comme le dollar. La bourse, elle, a grimpé. Au moins, Larry Summers pourra se consoler en se disant que peu de personne au monde, comme lui, ont cette capacité de faire bouger, à ce point, les indicateurs boursiers! Amère consolation, en fait, parce que c'est l'annonce du retrait de sa candidature au poste de président de la Réserve Fédérale américaine, qui a provoqué, ainsi, ce soulagement général. Larry Summers, lui, a expliqué que c'est "à contrecoeur" qu'il a dû renoncer. Barack Obama le soutenait mais la levée de boucliers, y compris dans les rangs démocrates, provoquée, par l'hypothèse de sa nomination a, finalement, eu raison du projet. Ce sont ses liens avec la finance qui ont, d'abord, été critiqués: Summers, l'homme qui a prôné la dérégulation du secteur bancaire et financier dans les années 80, menant à la crise financière de 2008. Summers, consultant, chez Citigroup. A Wall Street, ce qui faisait peur chez Larry Summers, c'est sa volonté affichée de mettre très vite fin à la politique monétaire "très accomodante" de ces dernières années. La période qui s'ouvre, pour la FED (on le sait) est délicate: elle doit mettre fin à sa politique d'argent facile (85 milliards de dollars, injectés chaque mois, dans l'économie). On attend des décisions, peut-être, dès demain... mais ce virage à 180°, est une opération qui mérite de la patience, du doigté et du tact. Tout ce que n'a pas Larry Summers. Le grand public peut avoir une idée du caractère bien trempé de cette tête bien faite. Dans le film "The Social Network" qui raconte la création de Facebook, c'est lui qui humilie les frères Winkelvoss, venus le voir dans son bureau pour se plaindre que Marck Zukerberg ait volé leur idée. La scène est mémorable et récemment Larry Summers a confirmé que la rencontre s'était passé exactement comme ça. "Parmi les choses que j'ai apprises en présidant Harvard, a-t-il expliqué, c'est que quand vous croisez un étudiant en costume-cravate, il n'y a que 2 possibilités. Soit il est la recherche d'un travail. Soit c'est un "trou du cul" ("hassholl", en anglais). Larry Summers n'est pas resté longtemps, président d'Havard: il a dû démissionner après avoir estimé que les femmes n'avaient pas les aptitudes nécessaires pour mener des carrières scientifiques. Il aussi regretté, un jour, que l'Afrique soit "sous-polluée". Bref, si Larry Summers est présenté comme un "faucon" sur le plan monétaire, c'est aussi parce beaucoup pensent que c'en est un "vrai" dans la vie, qu'ils saluent son retrait.

Confiance. On commence avec les "bons conseils" de l'économiste en chef du FMI. Olivier Blanchard -c'est un Français- accorde un long entretien à La Croix, ce matin, et commente la situation de la France. La réforme des retraites, il la juge "décevante". Sans surprise, il réclame une réforme du marché du travail, de la fonction publique. Mais, plus original Olivier Blanchard estime que l'urgence, aujourd'hui pour la France, n'est pas l'amélioration de la compétitivité, mais le soutien de la demande intérieure. Il faut, donc, prioritairement chercher à "restaurer la confiance", dit-il.Privatisée. La SNCF... sur les rangs pour racheter la compagnie ferroviaire grecque, en passe d'être privatisée. C'est l'agence de presse Reuters qui l'affirme. La SNCF serait en concurrence avec 2 autres sociétés.

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