Hier soir au téléphone, Pierre Méhaignerie, le président UMP de la Commission des Affaires sociales, à l'Assemblée Nationale, avouait ne pas savoir de quoi on parlait exactement. Il vous retournait même la question: "vous avez des détails, vous, sur cette prime?". Au Médef aussi, on reconnaissait, de la même façon, ne pas savoir de quoi il s'agit, précisément. Cette "prime de mille euros", annoncée par François Baroin la semaine dernière, prime qui serait versée à tous les salariés des entreprises qui distribuent des dividendes, a surgit sans prévenir. "Nous avons rencontré le Premier ministre, il y a une dizaine de jours, et jamais dans la discussion, il n'a été question de cette mesure si problématique" raconte Laurence Parisot. Pour souligner, comme Pierre Méhaignerie, la précipitation avec laquelle elle est apparue. Cela dit, l'un comme l'autre en sont persuadés: cette idée n'est pas une idée "en l'air": le gouvernement semble bien décidé à l'imposer. NicolasSarkozy devrait en parler demain. Et dès hier, Xavier Bertrand en a donné les premiers contours. Dans le camp patronal, on a bien écouté le ministre des affaires sociales à la radio: chaque mot a été analysé pour mieux décrypter ce qui se trame... parce qu'on le jure: depuis l'annonce de Baroin, mercredi dernier, le gouvernement n'a donné aucune précision supplémentaire. Ces premiers détails donnés par le ministre Bertrand devraient, peut-être, rassurer les patrons. Certes, Xavier Bertrand a bien parlé d'une prime "obligatoire"... mais il limite, très vite, son champ d'application aux seules entreprises dont les dividendes "progressent". Il a beaucoup insisté sur le verbe: la nuance est importante parce que jusqu'ici, on avait compris qu'il s'agissait de toutes les entreprises "qui en distribuent". Le champ d'application est, du coup, plus restreint que prévu. Pour toutes les entreprises qui ne seraient pas concernées, le ministre renvoient patrons et syndicats aux négociations salariales "classiques". Plus "restreint", plus "classique"... Xavier Bertrand, hier, s'est aussi fait "plus souple": il promet une application "variable" selon les entreprises: il pourra s'agir d'une "prime"... ou, et c'est important, d'une rallonge de participation ou d'intérèssement. Enfin, la question des "mille euros" est, elle aussi, clarifiée. Le ministre, hier, n'a pas parlé d'un "minimum", comme François Baroin, mais plutôt d'un maximum. Ces mille euros devraient correspondre, en fait, au montant maximal donnant droit aux exonérations fiscales et sociales. La "prime de mille euros pour tous" n'existe déjà plus. Le salaire des fonctionnaires devrait être encore gelé l'année prochaine. Information des Echos, ce matin. Selon le quotidien économique, le gouvernement l'annoncera, demain, au cours d'une rencontre avec les syndicats de la fonction publique. Déjà gelé, cette année, le "point d'indice", qui sert de base de calcul au salaire des fonctionnaires devrait, donc, resté figé une année supplémentaire: en 2012. "Ce sont les mesures salariales individuelles qui compenseront la perte de pouvoir d'achat" explique déjà, pour se défendre, Bercy. La Grèce inquiète à nouveau les marchés. L'hypothèse d'une restructuration de sa dette publique, c'est-à-dire avec des pertes sèches pour ses créanciers (notamment les grandes banques, et singulièrement les banques françaises, très exposées) est, désormais, ouvertement évoquée par certains responsables politiques européens. Allemands, en tout cas. Le gouvernement grec lui, tout comme le FMI, dément.

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