Depuis toujours, l'INSEE a un problème: l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques ne sait pas communiquer. Ne sait pas "se vendre"! On peut trouver ça normal, l'organisme est un spécialiste des chiffres, après tout. Pas des lettres. Mais pour l'INSEE, c'est quand même problème. Depuis quelques mois donc, son équipe de communication a été renouvelée, et on a le droit, désormais, à chacune de leur publication à un vrai effort pour mieux expliquer leur travail. Avec, par exemple, des formules qui se veulent plus percutantes qu'avant. Ce n'est pas spectaculaire, mais pour les journalistes économiques, c'est notable. Et c'était le cas encore hier, avec la présentation de sa nouvelle "note de conjoncture". L'INSEE prévoit une croissance pour les prochains mois de 0,3% ou 0,4% par trimestre. Comment la définir? On sent que le brainstorming a été intense: croissance "fragile", "modeste"... "molle": ces adjectifs ont été lancés pendant la conférence de presse. Mais, le terme finalement retenu sera "laborieuse". En 2010, la croissance sera "laborieuse": l'expression est reprise par nombre de journaux, ce matin. Preuve, malgré tout, qu'elle est efficace! Ca donne, du coup, en vie de lire de la suite... et c'est évidemment l'essentiel (après ce long préambule): l'INSEE n'est pas très optimiste pour l'année prochaine. Certes, il ne confirme pas le scénario "noir" de la récession en W: une rechute brutale et prochaine de l'activité économique. A le lire: en 2010, la France fera mieux que la Japon, le Royaume-Uni, l'Italie ou l'Espagne... mais moins bien que les Etats-Unis et l'Allemagne. Parce que la consommation "qui tire traditionnellement" la croissance française ne jouera pas à plein... elle va ralentir, assez nettement, en début d'année prochaine... en raison, toujours selon l'INSEE, d'un pouvoir d'achat rogné, par un léger retour de l'inflation, mais aussi par la taxe carbone (eh oui...). Qui va faire grimper l'inflation de 0,3% entre janvier et mars prochains. Conséquence de cette "croissance laborieuse": l'emploi. Là, l'INSEE ne s'embarrasse pas de précautions linguistiques: 100000 destructions d'emplois sont encore à venir, en France, ces prochains mois. Il n'y a donc jamais eu de délit d'initiés au sein d'EADS/Airbus! C'est L'AMF qui le dit. Décision "surprise" hier de l'Autorité des Marchés Financiers. Après 3 ans d'enquêtes, sur les ventes d'actions d'EADS, opportunément avant l'annonce des importants retards de l'A380, la Commission des sanctions de l'AMF met hors de cause l'ensemble des protagonistes de l'affaire. Noël Forgeard, le groupe Lagardère et d'autres dirigeants actuels du groupe aéronautique sont, donc, "blanchis": l'AMF considère que leur connaissance des retards ne constituait pas une "information privilégiée". Les Associations de défense des petits actionnaires (ceux qui n'ont rien vendu, et ont perdu beaucoup) dénoncent cette décision. Et reportent leurs espoirs de sanctions sur la procédure judiciaire, lancée parallèlement à celle du gendarme de la bourse. 1,43. L'euro au plus bas face au dollar depuis plus de 3 mois: 1 euro s'échangeait 1 dollar 43, hier.

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