Pour le gouvernement, c'est un dossier tout aussi sensible que les hauts-fourneaux de Florange. Comme pour l'acier, l'enjeu stratégique est évident. Là, il s'agit de la filière télécoms, longtemps une fierté française, lontemps un atout pour notre pays. En terme d'emplois, c'est encore plus lourd que Florange: le plan social, lancé par Alcatel-Lucent prévoit 1 350 suppressions de postes en France. Après déjà, tant d'autres. Depuis la fusion d'Alcatel avec Lucent, en 2006, les plans sociaux s'enchaînent. Aujourd'hui c'est la survie même de l'entreprise qui préoccupe au plus niveau de l'Etat. Et avant cela, son enracinement en France. Le dernier épisode, inquiètant, en date remonte à vendredi dernier. Alcatel-Lucent, en manque de trésorerie, a annoncé avoir négocié et obtenu auprès de 2 grandes banques (Goldman Sachs et Crédit Suisse) un prêt de plus d'un milliard 600 millions de dollars pour lui permettre d'honorer, dans les prochains mois, ses engaments. Pour obtenir ce prêt, Alcatel-Lucent a accepté, et il semble qu'il ne lui restait plus que ça, de mettre en gage son portefeuille de brevets. Au total, l'équipementier télécoms en détiendrait 29 mille, protégeant des inventions dans tous les domaines: les normes de téléphonies, la fibre optique, la reconnaissance vocale. Ce portefeuille est estimé à 5 milliards. Une somme colossale qui traduit l'importance des brevets dans la guerre technologique que se livrent les géants du secteur. On a vu ce qu'a donné, par exemple, le récent procès opposant Apple à Samsung. Les syndicats d'Alcatel-Lucent sont très inquiets: l'opération ressemble à une sorte de "fuite en avant". En cas d'activation du prêt, les brevets tomberont dans l'escarcelle de Goldman Sachs: ils "partiront" aux Etats-Unis. C'est cette perspective qui aussi fait réagir le gouvernement français. C'était une révélation des Echos, hier: Bercy a pris le dossier en main, et travaille aujourd'hui à trouver une solution pour s'assurer que les brevets d'Alcatel-Lucent resteront en France. Et c'est là que l'ombre de Florange réapparaît: comment faire plier une mutinationale, sans en avoir l'air. Plusieurs solutions sont à l'étude. Pas de projet de nationalisation en vue, non... mais une autre menace est brandie: celle de bloquer certaines opérations prévues au nom de la "sécurité nationale".

Direction Algérie. Renault va construire une usine en Algérie. C'est une information du Figaro, ce matin. Le contrat devrait être signé demain, au premier jour de la visite de François Hollande, en Algérie. Cela fait 3 ans que Renault négociait l'implantation d'une telle usine. Elle sera construite dans la banlieue d'Oran, produira un modèle dérivé de la Logan. Pour Renault, construire ses voitures sur place va lui permettre d'échapper aux droits de douanes.Economies... Les grands travaux du gouvernement. La réduction de la dépense publique, d'abord, au menu d'un Comité Interministériel, ce matin à Matignon. Jean-Marc Ayrault va lancer plusieurs "audits": Etat, Sécurité Sociale, collectivités locales: il faut trouver 60 milliards d'économies.

... retraites. Et puis, autre chantier, lui non plus, jamais achevé: celui des retraites. De nouvelles projections annoncent un déficit de 20 millards d'euros, en 2018. Une nouvelle réforme est prévue, l'année prochaine.

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