A Marseille, où -c'est connu-, on est jamais dans l'exagération, on parle de la "skyline" de la ville. Comme à New York. "Moi, je préfère ligne d'horizon" dit un élu, au nom, sans doute, de la défense du français, mais pas peu fier, comme tous les autres invités de l'événement hier soir, de participer à la pose, symbolique, de la première pierre d'une future tour! Oui, une tour, en France. Pas à Paris, donc. Mais à Marseille. Une future tour de 135 mètres de haut (31 étages, au total), baptisée "La Marseillaise" et construite non loin du Mucem (le musée), dans ce quartier, le long de la Méditérannée, en direction du port commercial. Hier soir: élus -Jean-Claude Gaudin en tête-, banquiers, investisseurs, le constructeur -Vinci- étaient réunis pour cette cérémonie, rituel dans le bâtiment, la pose maladroite et un peu ridicule d'un parpaing sur un mur factice. "Dans ce secteur, les projets restent virtuels tellement longtemps qu'on a besoin de toucher une truelle, à un moment donné", justifie un professionnel. Hier soir, c'était donc ce moment-là. Les discours vante Marseille évidemment, qui semble s'étonner encore elle-même d'une telle audace: cette future tour arrive après, celle de CMA CGM qui se dresse, juste à côté. Et d'autres tours sont annoncées: après les immeubles de bureaux, viendront la tour d'habitation, la tour hôtelière. Jean Nouvel, l'architecte de la futur "Marseillaise", explique le concept ("le bleu, le blanc, le rouge", la tour en "béton désarmé", les normes environnementales élevées (une "boucle d'eau de mer", par exemple, viendra climatiser l'ensemble). Marc Pietri, le patron de Constructa, le promoteur, raconte, lui, les 12 ans qu'il a fallu, entre le moment où il a acheté le terrain, et la pose de cette première pierre. Le financement (devenu tellement difficile avec la crise), les recours en justice, la recherche de futurs locataires, etc... 12 ans, donc auxquels il faut rajouter, maintenant, les 3 ans et demi de construction prévus. Marc Pietri compare ces délais français avec les 5 ans (5 ans seulement!) qu'il lui a fallut pour construire, à New York, il y a quelques années, le Sofitel. "oui, le Sofitel de DSK". Pour l'un de ses amis, c'est clair: "si sa motivation n'avait été qu'économique, jamais cette tour n'aurait vu le jour, dans le ciel marseillais".

Repentis de tous pays. La Suisse ne suffit plus à Bercy! On parle d'évasion fiscale, et de cette vague de régularisations de comptes bancaires, planqués à l'étranger. La cellule spéciale, mise en place par Bercy, a reçu plus de 35 mille dossiers de repentis, engrangé 2 milliards d'euros, cette année. Dans les Echos ce matin, le secrétaire d'Etat au Budget, révèle que 85% de ces dossiers arrivent de Suisse, seulement 10% du Luxembourg. Christian Eckert annonce, du coup, des "actions ciblées" pour "mettre la pression sur les pays qui ne coopèrent pas".

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