De rendez-vous, on n'attend, en fait, qu'une chose: les mesures concrêtes décidées par le Chef de l'Etat. Les "pistes", évoquées partout, dans la presse et ici même, sont largement connues. Et pour cause: elles n'ont guère dévié de celles évoquées par Nicolas Sarkozy à la télévision, il y a 15 jours. Pour le Président de la République, ses conseillers, et sans doute son gouvernement, tout le travail consiste, semble-t-il, à trouver le meilleur dispositif pour cibler, le plus précisément possible, l'aide qu'ils souhaitent apporter à ceux qu'ils appellent les "victimes de la crise": les licenciés économiques (sans perspective de retrouver un emploi, rapidemment), les jeunes (plus sacrifiés encore en tant de crise qu'en temps normal), les salariés condamnés au chômage partiel (qui pourraient être mieux indemnisés), et enfin, la "classe moyenne... basse" (expression de Nicolas sarkozy), rattrapée avant les autres par la crise. C'est pour elle, que sont imaginées (et que seront sans doute retenues) la suppression du 2ème tiers provisionnel de l'impôt sur le revenu, ou encore l'augmentation des allocations familiales. La Prime pour l'emploi n'a pas été évoquée, jusqu'ici: elle aurait pu être également un outil efficace. Alors, au total, est-ce que toutes ces mesures constituent un "tournant" (le Parisien du 6 février) ou un "virage" (la Tribune de 18 février) dans la politique menée jusqu'ici? C'est bien l'autre question du jour. Sauf surprise toujours possible: non! Brice Hortefeux, le ministre du travail, le dit d'ailleurs, ce matin: le seul objectif du gouvernement, c'est la justice sociale (et seulement elle, peut-on rajouter: chacun jugera s'il est atteint, cet objectif.): il s'agit, donc, bien de juste... aider ceux qui sont maltraités par la crise, mais pas d'ajouter un volet "consommation" au Plan de relance, déjà annoncé, et basé sur les seuls investissements. Les derniers chiffres de l'INSEE ont, sans doute conforté le gouvernement dans son analyse: la consommation reste le dernier moteur encore un peu vaillant dans notre économie. Il n'est, donc, pas forcément utile de le relancer. A ce stade, en tout cas, de la crise. La Société générale fait des bénéfices. La banque vient de publier ses résultats, pour 2008. Ils sont positifs. Largement: un bénéfice de 2 milliards d'euros. C'est 2 fois plus que l'exercice précédent, mais qui était "plombé" par l'affaire Kerviel. Bourses déprimées. Cette bonne nouvelle pour la Générale était attendue, mais elle n'a pas empêché son titre, en bourse, d'être massacré, hier: un recul de presque 10%. Là, ce sont les économies russes et d'Europe de l'est qui inquiètent, et la banque française y est présente. Hier, toutes les places mondiales ont chuté, y compris les bourses américaines et ce, malgré la signature, par Barack Obama de son plan de relance. "le début de la fin de la crise" a-t-il affirmé. Sans convaincre, donc, Wall Street. GM, pas mort. Finalement, pas de dépôt de bilan (à ce stade en tout cas), pour General Motors. Le constructeur américain, pratiquement à court de liquidités, a prévenu quand même hier Washington qu'il lui faudra peut-être jusqu'à 30 milliards de dollars d'aides pour se sauver. GM annonce également la suppression de 47 mille emplois, cette année.

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