C'est ce que j'appelle la "Standard and Poorisation" des esprits. Ce n'est pas très joli comme néologisme (j'en conviens), ça veut bien dire ce que ça veut dire: on ne peut plus faire un pas, aujourd'hui, sans entendre parler des agences de notations! J'ai déjà éviqué, ici même lundi, BBI -Boulogne-Billancourt Informations-, journal municipal qui titre, ce mois-ci, sur la "note " de la ville. Nouvel exemple avec la Poste. C'était hier, au siège social de la Poste, à Paris. Au 6ème étage de l'immeuble situé juste en face de la gare Montparnasse (avec une magnifique vue sur Paris), Jean-Paul Bailly présente ses voeux à la presse. Petit comité, ambiance détendue, beau buffet avec d'excellents petits canapés au foie gras. Le patron de la Poste parle "timbres" évidemment, regrette une nouvelle diminution de l'activité "courrier", victime d'internet, vante la transformation de son entreprise (la stratégie, c'est devenir le "leader européen des échanges de proximité"). Il salue les résultats de sa banque (la Banque postale), puis cède la parole à son Directeur financier pour un "point sur les agences de notation". Passage obligé, donc désormais, des rencontres avec les dirigeants d'entreprise. Alors, sachez-le: la Poste est notée "A", chez Standard & Poor's, et "AA" chez Fitch. Mais elle ne s'attend pas à être dégradée, dans les jours, ou les mois qui viennent. Et si elle devait l'être: ça ne serait pas grave! Ses besoins de financement sont nuls ou quasi-nuls, cette année, et les taux d'intérêts qu'elle paye, jusqu'ici à court terme, sont très bas. Bref, un peu comme la France, une dégradation ne serait pas une "catastrophe", affirment les dirigeants de la Poste. Et on se demande, du coup, pourquoi on en parle autant. Y compris moi. Cela-dit, au chapitre des sujets 'incontournables" dans les conversations en ce moment (au boulot, ou ailleurs) il y en a qui tient la corde: c'est l'arrivée de Free mobile. Pour la Poste, c'est aussi un sujet, parce qu'elle est un opérateur. Virtuel, mais opérateur quand même. 550 mille abonnés à la "Poste Mobile" aujourd'hui. Jean-Paul Bailly reconnaît que nombre de ses abonnés appellent pour obtenir leur RIO (le "code" qui permet de changer d'opérateur sans perdre son numéro). Bref, il reconnaît que Free cartonne. Mais ne s'inquiète pas: comme pour le triple A, ça devrait passer.

21,6% Le gouvernement envisagerait une hausse de 2 points de la TVA: de 19,6... à 21,6% autrement dit. C'est le quotidien "Les Echos" qui l'affirme ce matin, précisant toutefois que Nicolas Sarkozy ne devrait pas arbitrer la mesure avant une semaine. 2 points de plus de TVA rapporteraient un peu moins de 13 milliards d'euros. 13 milliards qui serviront à réduire les charges payées par les employeurs. Aujourd'hui, au cours du "Sommet sur la crise", organisé à l'Elysée, les syndicats devraient répéter leur opposition à ce projet.Pas renouvelables. Cofinoga, le spécialiste du crédit à la consommation, s'apprête à supprimer "plusieurs centaines d'emplois": c'est une autre information des Echos, ce matin. Le site de Mérignac, en Gironde, serait particulièrement touché.Tous dégradés . Standard & Poor's dégrade tout le monde. Conséquence de la perte du triple A de la France, l'agence a abaissé, hier, les notes d'EDF, de RTE, de la SNCF, de Réseau Ferré de France, de l'Unedic, de la Cades (qui gère la dette sociale) et des Hôpitaux de Paris. Aéroports de Paris est placé sous surveillance négative.

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