"Faites comme moi, annulez vos vacances!". C'est le conseil lâché par Jérôme Cahuzac, la semaine dernière, aux journalistes qui le pressaient de questions sur le programme du gouvernement, une fois les Législatives passées. Et la victoire de la gauche obtenue. Ce n'est pas une surprise: le ministre du budget se prépare à un été "chargé". En tout cas, un mois de juillet "chargé". Avec, déjà, à son programme, de longues nuits à l'Assemblée et au Sénat, pour l'examen de son premier texte: la loi de finance rectificative. C'est-à-dire les premières mesures économiques et fiscales du gouvernement. Le timing maintenant est connu: fin juin (ou tout début juillet), la Cour des comptes remet son audit des comptes publics: c'est le "bilan Sarkozy". Au même moment, Bercy (ça, c'est le travail de Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie) délivre ses nouvelles prévisions de croissance. Forcément à la baisse. De là, se déduira le montant des efforts à fournir. Mais, là aussi, le connaît déjà: c'est plus ou moins 10 milliards d'euros qu'il faut trouver pour tenir nos engagements européens, c'est-à-dire un déficit à 4 et demi %, fin 2012. 10 milliards donc, tout de suite. Au sein de la majorité, on en est convaincu: on n'aura pas besoin d'aller chercher des solutions ailleurs que dans le programme de François Hollande. "Pas besoin d'inventer autre chose... ni TVA, ni CSG. Ce n'est pas simple mais nous ne sommes pas obligés de sortir de la liste": c'est ce qu'affirme un "influent ministre" -c'est écrit comme ça-, cité par le "Journal du Dimanche" hier. La liste, c'est notamment le rétablissement du barême de l'ISF ou la fin d'une partie de l'exonération fiscales des heures supplémentaires. La fiscalité des droits de succession va être aussi relevée. Comme celles des entreprises. Clairement, ces 10 milliards, le gouvernement va les trouver grâce à des recettes nouvelles et non pas grâce à des économies supplémentaires. L'explication avancée est plus technique que politique: à ce stade de l'année, les dépenses sont déjà largement engagées, il n'est donc pas possible d'annuler, comme ça, des crédits. Même les sommes gelées, au titre de précaution, en tout début d'année, Bercy n'en attend pas grand chose: elles sont généralement consomméss (par des dépenses "imprévues" ou "non-budgétées" par l'équipe précédente). Pour les économies à réaliser, il faudra, donc, encore attendre. Attendre l'automne, et le projet de budget 2013, pour les découvrir.

Europe. Le patron de la Banque mondiale s'en prend sévèrement à l'Europe. Depuis quelques heures, et dans la perspective du G20 de Los Cabos, au Mexique, qui commence ce soir et auquel il participe, Robert Zoellick s'en donne à coeur joie à propos de l'Europe. "Elle agit toujours trop peu et trop tard", selon lui. Ce qui a eu pour conséquence d'aggraver la crise. Pour le patron de la Banque Mondiale, le plan de sauvetage des banques espagnoles du week-end dernier a été "mal exécuté". Les Européens, dit-il encore, "ont utilisé de grosses munitions (100 milliards d'euros) mais les ont gâchés"!Europe encore. Ce matin, les marchés, en Asie, se montrent soulagés -à tort ou à raison- par le résultat des élections en Grèce. La Droite (pro-européenne et d'accord pour poursuivre la rigueur) est arrivée en tête. Les dirigeants européens se sont montrés, hier soir, un peu plus ouverts qu'auparavant à un assouplissement du calendrier imposé à la Grèce.

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