L'étude pourrait s'appeler "Comment bien divorcer" ou "Comment mieux divorcer". Mais comme elle est signée par France Stratégie, l'ancien et très sérieux Commissariat au Plan, organisme directement rattaché au Premier ministre, la note d'analyse a un titre plus sobre: "Comment partager les charges liées aux enfants après une séparation?". Elle sera rendue publique, ce matin. Son objectif est d'évaluer le barême, mis à la disposition des juges, barême indicatif pour calculer les pensions alimentaires, décidées lors d'un divorce. On compte, grosso modo, 150 mille séparations de couples avec enfants mineurs, chaque année (celles, donc, qui peuvent déboucher sur le versement d'une pension). Il y a beaucoup de contentieux, trop. Et surtout, selon cette étude, au final, une mauvaise répartition des charges. Premier constat: dans un divorce, les 2 parents perdent "considérablement", lit-on, en niveau de vie. Adieu les économies d'échelle, on double les loyers, les frais de fonctionnement, etc. Deuxième constat, peut-être plus étonnant: c'est le parent qui n'obtient pas la garde des enfants qui sacrifie le plus son niveau de vie. C'est le principal apport de cette étude. Elle va au-delà du simple constat, à partir de la pension alimentaire décidée. Elle calcule, grâce à un logiciel de simulation, les incidences fiscales et sociales, de la séparation: les impôts, les aides sociales, de l'un et de l'autre. Chacun peut s'amuser à le faire d'ailleurs: ce simulateur est en accès libre, sur internet. Il s'appelle OpenFisca. Il permet beaucoup de choses, et notamment, de simuler son divorce (pensez, simplement, à effacer vos historiques, dans votre navigateur web). France Stratégie a testé beaucoup de cas théoriques, en faisant varier le nombre d'enfants, les revenus des parents, et le mode de garde retenu (classique ou partagé). Evidemment, testé le cas le plus fréquent: c'est la femme, qui gagne moins que son ex, qui garde les enfants, mais le bilan est le même à chaque fois: c'est le parent, qui n'obtient pas la garde, qui perd le plus, proportionnellement à ses revenus. Le barême de la justice ne prend pas assez en compte le coût du droit de visite et d'hébergement des enfants. Cette note formule plusieurs recommandations. L'une d'elles préconise, tout simplement, que les juges se servent, eux aussi, de ce simulateur!

Bonus. L'"année blanche" fiscale peut sauver le quinquennat de François Hollande! Ce sont 3 économistes qui l'affirment, dans une tribune, publiée sur lemonde.fr. L'"année blanche", c'est cette année de transition vers la retenue à la source de l'impôt, durant laquelle les revenus ne seront pas taxés: on n'a parlé que de ça, hier. Pour ces économistes, elle peut avoit un effet sur la croissance. Ils prennent l'exemple de l'Islande, qui en 1987, a mené une telle opération. Résultat: une hausse de 4 points de son PIB, preuve que les incitations fiscales agissent sur les agents économiques. Pour la France, l'hypothèse la plus basse, qu'ils retiennent, fait espérer la création de 80 mille emplois. Plus que la Loi Macron.

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