L'expression (personne n'a oublié) est de Jean-Pierre Raffarin, en 2002 : "la route est droite... mais la pente est forte". Il s'agissait à l'époque (déjà!) d'expliquer la ligne économique du gouvernement qu'il dirigeait, alors que l'activité économique montrait quelques signes de faiblesse. Aujourd'hui, avec la crise, la pente est devenue extrêment forte (-3%, selon les dernières prévisions retenues) mais le gouvernement pense, comme il y a 7 ans, que la route reste droite. Eric Woerth, dans une interview accordée aux "Echos" ce matin, le répète (après Christine Lagarde et François Fillon, la semaine dernière): cette crise ne modifie pas, ne modifiera pas la politique économique menée. Elle passe, notamment, par la maîtrise de la dépense publique, "priorité absolue". Dans ce schéma, le plan de relance, doublé des mesures du sommet social, n'est qu'une parenthèse. D'ailleurs, le gouvernement distingue bien, dans son discours, 2 déficits différents. On sait qu'il se creuse à une vitesse jamais vue (plus de 100 milliards prévus... et encore, c'était avant les mauvaises nouvelles de vendredi dernier). L'un est lié à la crise (le Plan de relance et le ralentissement économique), l'autre est structurel et il faut continuer à le combattre. Le choix -politique- de ne pas augmenter les impôts et les taxes, étant réaffirmé, c'est en continuant à réduire fortement la dépense publique que ce gouvernement compte y arriver. Ca donne, notamment, la suppression annoncée de 34 000 de postes de fonctionnaires, l'année prochaine. Ca donne aussi de nouvelles mesures d'économies pour la Sécurité sociale. Elles seront annoncées avant l'été. En ce qui concerne l'autre déficit, celui lié à la crise, le gouvernement a pris soin de ne pas rendre "irréversibles" les dépenses annoncées, mais il restera, malgré tout, ce qu'Eric Woerth appelle une "dette de crise". C'est là qu'on n'est plus vraiment obligé de croire que les impôts n'augmenteront pas. Et c'est là que les 2 déficits se rejoignent : comment rétablir, en effet, les finances publiques sans tuer dans l'oeuf, le retour de la croissance ? Les producteurs de lait se mobilisent. Depuis plusieurs jours déjà, ils dénoncent la chute (impressionnante) du prix du lait, et surtout du prix d'achat (-30%, le mois dernier) que leur imposent les industriels et les coopératives. Un prix d'achat qui, disent-ils, ne couvre pas leurs coûts de production. Ils annoncent des actions "ciblées" contre des grands groupes laitiers et fromagers, accusés de ne pas répercuter la baisse pour le consommateur. Actions ciblées, dès aujourd'hui. Avant une journée nationale de mobilisation, demain. Baisser les salaires. Pour Brice Hortefeux, il n'est pas "choquant" qu'un employeur propose une baisse de salaire à ses employés, pour surmonter la crise. Le loueur de voitures Hertz vient de le faire, pour ses cadres. Le ministre du travail n'est pas choqué, donc, mais pose une condition : il faut que l'entreprise, dit-il, apporte certaines "contreparties" dans le cadre d'une négociation collective. Augmenter les salaires. En Suisse, la banque UBS - l'une des plus touchées au monde par cette crise - va, elle, augmenter le salaire de certains de ses salariés. Et pas qu'un peu, selon un journal suisse, +50% pour des cadres qui gagnent pas loin de 200 000 euros par an. Le but serait de compenser la perte de leur "bonus" cette année. Pour éviter qu'ils partent travailler pour la concurrence.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.