Hier soir, la lettre de mission n'était pas encore arrivée à la Cour des comptes. A Bercy, dans l'entourage de Pierre Moscovici, personne n'était en mesure d'en dire pluss: "on s'intalle. Le cabinet n'est pas totalement constitué, je n'ai même pas encore d'ordinateur" dit un conseiller. Peu importe finalement, puisqu'à l'issue du premier Conseil des ministres de l'ère Hollande hier, la nouvelle porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem l'a confirmé: "le Premier ministre va demander à la Cour des Comptes, la remise d'un rapport d'évaluation sur l'exécution de la loi de finance 2012, et sur l'état de nos comptes publics". Il s'agit bien de l'audit que le candidat socialiste a évoqué pendant la campagne. L'audit, c'est une figure assez classique des alternances politiques en France: on fait un point précis de la situation budgétaire et financière du pays, pour bien distinguer ce qui relève de la responsabilité de l'équipe sortante, et ce qui incombera au nouveau gouvernement. Ca, c'est le principe. Généralement, il permet de charger "l'héritage". Cela dit, preuve que la situation a bien changé, et qu'elle est plus critique aujourd'hui: tout va aller très vite, cette fois-ci. C'est la Cour des Comptes qui est saisie, et non pas 2 magistrats missionnés comme en 1997 et en 2002. Surtout, la Cour a, à peine, une quinzaine de jours pour agir: le gouvernement attend son rapport "d'ici le 1er juin". Rue Cambon, à la Cour des Comptes, on semble prêt: le contrôle des finances de l'Etat est quasiment un "travail continu", puisque l'année est rythmée par la remise de Rapports, réguliers, qui ont tout à voir avec la situation budgétaire mais qu'on ne s'y trompe pas, quand même, tout ne vaut pas "audit". Ainsi, la Cour vient s'offrir un petit échange aigre-doux avec la ministre du budget sortante. Valérie Pécresse, depuis quelques semaines, ne cesse de répéter qu'il n'y a aucune "surprise" dans l'éxécution du budget en cours. Pas de "bombinette" prête à exploser à la figure de la nouvelle équipe. Sauf que dans son élan, la ministre s'est cru obligée, il y 2 jours, d'ajouter que la Cour des Comptes venait même de certifier son bilan 2011, "preuve de la transparence et de la fiabilité" de notre travail, selon Valérie Pécresse. Chose rare: la Cour des Comptes s'est fendu d'un communiqué pour préciser qu'il n'en est rien à ce stade. Et surtout, qu'une certification des comptes 2011 ne préjugerait en rien des résultats attendus de l'audit sur les premiers mois de 2012. C'est chaque fois la même chose: dès qu'on parle "chiffres", les esprits s'échauffent.

Super Jean-Claude. Jean-Claude Trichet a une solution pour sauver l'euro. Pas sûr que ça plaise beaucoup: l'ancien président de la Banque Centrale Européenne propose de donner la possibilité à l'Union européenne de prendre les commandes d'un Etat membre qui se montrerait incapable de redresser ses comptes. On pense à la Grèce, évidemment. Jean-Claude Trichet appele ça un "fédéralisme d'exception".Grèce, Espagne. Hier, les places bousières et le marché des dettes souveraines, ont, à nouveau, été chahutés, en raison de la situation en Grèce et en Espagne. Tokyo, ce matin, perd 3%.100 milliards. Facebook, introduite en bourse aujourd'hui, au Nasdaq, à New York. 38 dollars l'action et une valorisation totale de l'entreprise à plus de 100 milliards de dollars. C'est-à-dire plus que Mac Donald's, Disney, ou la banque Citygroup. Mais moins que Google, Microsoft ou Apple.

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