"Ne doutez surtout pas de la détermination du Président de la République". C'est ce que disait, récemment, l'un de ses visiteurs réguliers, à l'Elysée. On parlait du Pacte de responsabilité, c'est-à-dire des baisses de charges promises aux patrons, et leur corollaire: les 50 milliards d'euros d'économies qu'il va falloir trouver, pour financer ces nouvelles aides et réduire -un peu- les déficits. La fin du suspense est pour bientôt puisque les décisions devraient tomber juste après les élections municipales. D'ici là, la consigne, c'est silence radio. Rien ne doit filtrer: "le premier qui parle est mort" confie un conseiller ministériel. Un ancien de Bercy en rigole: "ce n'est pourtant pas difficile de deviner où les économies vont être réalisées. Les pistes sont connues de tous, et depuis bien lontemps". Sans doute, mais reste à connaître les détails précis. Et aujourd'hui, dans les échanges d'un ministère à l'autre, les mails sont priés de ne contenir aucun chiffrage des mesures à venir. Dans l'attente, les débats se poursuivent, en tout cas. Sur l'intérêt même du Pacte: c'est l'objet de l'appel à manifester aujourd'hui, lancé contre sa "logique d'austérité". Sur son efficacité aussi, on s'interroge dans les rangs de ceux qui soutiennent l'initiative. Pour certains, la question des contreparties à demander aux employeurs n'a pas été épuisée par la signature d'un Accord entre les syndicats réformistes et les organisations patronales. On a lu, récemment, une tribune de Benoît Hamon dans laquelle le ministre réclame un mécanisme fiscal (la modulation de l'impôt sur les sociétés, ou un crédit d'impôt) pour contrôler l'utilisation des marges financières que le Pacte va dégager. Son objectif: empêcher la hausse des dividendes, Benoit Hamon revisitant une formule célèbre: "la maîtrise des dividendes d'hier permet les investissements d'aujourd'hui, qui créent les emplois de demain". Dans une note pour Terra Nova, think tank classé au centre gauche, l'économiste Romain Pérez fait le même constat. Il ne faut pas attendre un effet direct du pacte sur l'emploi, mais en revanche parier sur son effet indirect: l'amélioration des marges des entreprises, provoquée par la baisse des charges, doit permettre aux entreprises d'investir et d'embaucher. La contrepartie du pacte se situe donc, bien au niveau fiscal. Il faut alourdir les impôts des entreprises qui profiteront du pacte pour distribuer des dividendes. A l'inverse, alléger ceux des patrons qui "remettront l'argent dans leur entreprise". C'est possible. Et ça tombe bien: un groupe de travail réfléchit, en ce moment même, à la refonte de la fiscalité des entreprises!

Toujours moins. Les faillites d'entreprises continuent de se multiplier, en France. En janvier et février, le nombre de défaillances d'entreprises a progressé de 3,7%, par rapport à la même période, l'année dernière. Chiffres publiés par les cabinets Deloitte et Altares, ce matin, qui estiment que "rien ne permet de croire qu'il y aura une amélioration dans les mois à venir". Ce sont, surtout, les très petites entreprises, les "micro-entreprises" (artisans, commerçants...) qui souffrent le plus. En revanche, pour les PME, ou les ETI (les Entreprises de Taille Intermédiaire), la "courbe s'est inversée": les défaillances reculent, en ce début d'année, pour les entreprises de 20 à 99 salariés.Encore lui. Conseil de surveillance, aujourd'hui, chez PSA Peugeot Citroën. A l'ordre du jour, notamment: la désignation de son futur président. Louis Gallois fait figure de favori. Sa candidature est, en tout cas, "poussée" par le gouvernement.

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