"Cher Oncle Sam, ma Maman m'a appris à envoyer rapidemment les lettres de remerciements. J'ai un peu tardé..." C'est par ces mots, que Warren Buffet... l'un des hommes les plus riches de la planète (on estime sa fortune à plus de 47 milliards de dollars!).. c'est par ces mots que Warren Buffet entame une incroyable "tribune", publiée hier dans le New York Times. En France, on imagine mal nos milliardaires (François Pinault, Bernard Arnault...) prendre, ainsi, la plume, dans un grand journal, pour remercier le gouvernement français. (Liliane Bettancourt, à la limite... mais pour d'autres raisons). Remercier son gouvernement pour son travail, pour son action, c'est bien ce que fait Warren Buffet dans ce texte, qui revient sur les 2 dernières années que vient de vivre son pays. "Fin 2008, nous faisions face à un effondrement économique sans précédent", écrit-il, avant d'énumérer: la faillite de Lehman Brothers, les sauvetages d'urgence du géant de l'assurance AIG et des "duettistes" du refinacement hypothécaire Freddie Mac et Fanny Mae. Un horrible "jeu de dominos" avait débuté, raconte le milliardaire: 300 millions d'Américains tremblaient pour leur job, de grandes entreprises industrielles étaient menacées par la faillite: General Motors, par exemple. Comme le "vieux Buffet" n'est pas totalement fou (et qu'il faut toujours ménager ses investisseurs), il glisse, au passage, que sa société aurait été, sans doute, le dernier domino à tomber (tellement elle est bien gérée), mais que, "ça aurait été une bien maigre consolation" face au désastre annoncé. Un désastre qui ne s'est donc pas produit, grâce à l'intervention d'Oncle Sam, le gouvernement américain. "Vos actions ont pu sembler maladroites, parfois ineptes", écrit Warren Buffet ("ineptes", il doit parler des nationalisations), mais elles ont été remarquablement efficaces! Sa conclusion: "sans vous, Oncle Sam, le monde serait bien différent!". Et il signe: "votre neveu, Warren". Voilà un texte proprement allucinant. On ne sait pas, finalement, à quel degré de lecture, il faut le prendre: le premier (naïf), ou le deuxième (cynique). Il faut, quand même, se rappeler que Warren Buffet est, l'un des grand gagnant de cette crise. Au pire moment, il avait décidé d'aider la banque Goldman Sachs, en lui accordant un prêt au conditions extrêment favorable... pour lui. Un prêt à 10%, qui lui rapporte, depuis 15 dollars par seconde! Effectivement: "Merci Oncle Sam!" General Motors fait un retour fracassant à la bourse. Le constructeur automobile américain a évité la faillite de justesse, il y a 1 an et demi. Il a perdu, en 4 ans, plus de 80 milliards de dollars. Sans l'intervention de l'Etat, il n'existerait plus, aujourd'hui, General Motors retourne à Wall Street, et s'apprête à réaliser la plus importante introduction en bourse de l'histoire. De l'histoire des Etats-Unis, et peut-être du monde. Plus de 22 milliards de dollars devraient être ainsi levés, aujourd'hui. La moitié ira directement dans les caisses de l'Etat américain, qui se rembourse de cette façon. Le retour des bénéfices pour Air France-KLM. Résultats publiés hier soir. Après 7 trimestres de pertes, la compagnie aérienne affiche près de 300 millions d'euros de bénéfices, pour les mois de juillet-août-septembre. La crise irlandaise. Des experts de l'Union européenne, de la Banque Centrale Européenne et du FMI débarquent aujourd'hui à Dublin. Ils viennent évaluer l'ampleur des dégâts dans le secteur bancaire irlandais. Avant le possible -le probable?- déblocage d'une aide d'urgence.

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