Jean-Claude Mailly, hier soir, au téléphone. On l'appelle pour parler de la riposte que les syndicats préparent contre les plans de rigueur du gouvernement, il commence par une précision sémantique. "Philippe, ne parlez pas d'intersyndicale: ça n'existe pas! Parlez plutôt d'une "réunion des syndicats". La nuance est importante, précise Mailly, parce que quand on dit "intersyndicale", on pourrait croire qu'il s'agit d'une sorte de holding, qui dicte la marche à suivre à ses filiales. C'est faux, chacun est libre: Force ouvrière. Comme les autres syndicats". Le ton est donné, et il ne surprend pas. Depuis quelques jours, dans les confédérations, on commente beaucoup ce retour de FO dans le jeu intersyndical. Alors qu'il boudait depuis plus d'un an, le syndicat de Jean-Claude Mailly a décidé d'envoyer un représentant à la réunion, prévue cet après-midi au siège de la CGT, à Montreuil. Ce retour, c'est un des effets "miraculeux" de la crise, a ironisé Bernard Thibault. C'est retour "opportuniste" dit aussi un responsable de la CFDT. Tous attendent FO au tournant, cet après-midi: "ce serait dommage qu'ils viennent avec l'intention de faire capoter le front syndical", dit encore le patron de la CGT.Avec ou sans FO, de toute façon, ce n'est pas simple ce qui attend les syndicats, tout à l'heure. Marcel Grignard de la CFDT résume l'enjeu: "on doit s'entendre sur 3 points précis. Et ce n'est pas gagné, malgré la bonne volonté de tous. Premier point: le constat. Tous les syndicats dénoncent, évidemment, la rigueur. Mais CFDT et CGT, par exempe, ne portent pas forcément le même diagnostic sur la responsabilité de la dette. 2ème point: les "contre-mesures" que les syndicats veulent proposer pour montrer qu'il existe une façon plus juste que celle du gouvernement de faire rentrer de l'argent. Mais, là encore, les propositions varient d'une organisation à l'autre. Enfin et surtout, dernier point que doivent trancher, cet après-midi, les syndicats: comment, concrêtement, organiser la riposte. Force Ouvrière propose "24 heures de grève interprofessionnelle". La CFDT n'en veut pas. "C'est l'échec assuré", dit-elle. A la CGT, on parle d'une journée de "mobilisation" avant Noël (sans parler de grève), et d'une opération ciblant les Parlementaires. Rendez-vous à Montreuil, à 14 heures.

22 milliards, au moins. L'Américain Boeing signe un nouveau "contrat record". Aux Etats-Unis, on parle de la plus importante commande ferme de toute l'histoire de l'aviation civile: Lion Air, une compagnie low cost indonésienne signe, d'un coup, pour 230 Boeing 737. C'est un moyen courrier. Au tarif catalogue, la facture avoisine les 22 milliards de dollars. 35 milliards même, si on compte les 150 appareils supplémentaires "en option". Cette commande aura des répercussions en France. La Snecma participe à la construction des moteurs de ses avions.7% au plus. La crise de la dette. La France a réussi à lever 8 milliards d'euros sur les marchés, hier. Les taux d'intérêts réclamés sont en hausse sensible, mais la demande de titres français a été forte: c'est rassurant. En revanche, l'Espagne, hier, s'est endetté à presque 7%, un niveau très élevé et considéré comme intenable à moyen, et même à court-terme.

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