Bonnets rouge, bonnet verts ou jaune. Pigeons, abeilles, "horde" ou encore "Sacrifiés". Parmi toutes les contestations du moment, qui sait que l'une d'elle est partie d'ici, de Marseille? Lancée par un jeune Marseillais de 20 ans. Cette grogne, parmi tant d'autres, est celle des "Poussins", ce mouvement de défense des autoentrepreneurs. Ca fait 6 mois qu'il dure et qu'il prend de l'ampleur, sur internet.

Et, oui, tout est parti d'une pétition lancée par Adrien Sergent, Marseillais et fier de l'être. Il habite, comme il le dit, entre le Stade Vélodrome et la Cité radieuse. Et c'est d'ailleurs, dans l'immeuble imaginé par Le Corbusier qu'il a donné rendez-vous, hier. Il raconte son histoire, déjà longue. En 2009, c'est à 16 ans qu'il devient autoentrepreneur. Il était alors le premier mineur sous ce statut. L'URSSAF n'avait d'ailleurs pas prévu ce cas de figure. Adrien Sergent crée des jeux vidéo. "Puzzle Kitchen", c'est lui (je dis ça pour les adeptes).

En 2012, premier éclat: il lance une pétititon pour sauver la dernière fabrique de savon de Marseille, menacée de fermeture. Et ça marche. Lui qui ne s'était jamais imaginé dans un tel rôle comprend, alors, qu'avec internet, les réseaux sociaux, quelque chose de fondamental vient de changer: "avant, explique-t-il aujourd'hui, même pour lancer une pétition, il fallait des moyens, du monde pour tracter, convaincre et engranger les signatures. Aujourd'hui, en quelques clics seulement, on peut lancer une idée, un appel, une pétition, tout seul avec son ordinateur, et voir "si ça prend ou pas". Il existe même un site pour ça: change.org. C'est comme ça, donc, qu'est né le mouvement des Poussins. Quand le gouvernement en avril dernier annonce quil veut réformer le statut des autoentrepreneurs, que les organisations d'artisans accusent de concurrence déloyale, Adrien Sergent réagit immédiatement, et imagine la riposte. Chez lui, à Marseille, il créé une page Facebook. Invente un nom pour fédérer les opposants au projet, "les Poussins" (en référence aux Pigeons, évidemment), imagine un slogan ("ne tuez pas nos projet dans l'oeuf"). A Paris, un autre autoentrepreneur se greffe, immédiatement, à sa démarche. Et puis d'autres, beaucoup d'autres arrivent. Le soir même, une centaine de signatures. 5 mille, quelques jours plus tard. Plus de 120 mille, au compteur hier. Pour ce jeune Marseillais, si le gouvernement a commencé à modifier son projet, c'est bien en raison du mouvement qu'il a lancé. Aujourd'hui, il regarde les autres mouvements de contestation éclorent, et prospérer. Lui, refuse toute violence, n'envisage pas de troquer ses "poussins" pour un "bonnet" d'une couleur encore non-utilisée et plus porteur. Et il veut croire surtout, depuis son Marseille natal, qu'il n'envisage en aucun cas de quitter, que chaque citoyen, aujourd'hui, a les moyens de peser dans le débat public.Record. Airbus et Boieng cartonnent au Salon de Dubaï. Pas moins de 150 milliards de dollars de commandes, en quelques heures hier, premier jour du Salon aéronautique de Dubaï. Ce sont les 3 grandes compagnies du Golfe, Emirates en tête, qui signent cette pluie de commandes. Au petit jeu habituel entre les 2 constructeurs, Boeing arrive en tête avec 100 milliards de commandes. Airbus est à 40 milliards.

Les liens

Le site d'Adrien Sergent

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