Pierre Gattaz le reconnaissait récemment: "je suis un sujet psychanalytique". Le président du Medef répondait à une question sur lui et son père. "Je n'ai jamais voulu faire comme lui, expliquait Pierre Gattaz aux lecteurs du Parisien. "Je ne voulais pas être ingénieur, je le suis devenu. Je ne voulais pas entrer chez Radiall (l'entreprise familiale), j'y suis finalement arrivé en 1992. Et je ne voulais surtout pas m'occuper de syndicat professionnel. Et encore moins du Medef". Laissons Pierre Gattaz à ce travail sur lui-même, mais, notons, cet autre trait de sa personnalité qui mériterait d'être analysé: cette façon irrépressible de répéter les mêmes choses, surtout au plus mauvais moment, sachant qu'elles provoqueront les mêmes effets, à savoir, un "tollé général". Puis, plus rien. C'est le cas pour son obsession pour l'ISF. Une "lubie" a commenté Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, après le nouvel appel, hier, de Pierre Gattaz, réclamant la suppression de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. La dernière fois qu'il l'avait fait, c'est-à-dire réclamer cette suppression quand -déjà!- tout le débat politique du moment porte sur la pertinence des 40 milliards d'allégements promis aux entreprises... la dernière fois, c'était sur France Inter, ici même, il y a quelques jours. Il l'a répété: pour lui, l'ISF décourage les familles industrielles, patrimoniales (comme la sienne). L'outil professionnel est sorti du calcul del'ISF mais pour les frères, les soeurs, les parents d'un chef d'entreprise, qui ne travaillent pas dans l'entreprise, mais qui y ont investi,"l'Impôt sur la Fortune pèse", expliquait ici même Pierre Gattaz. Ce qui provoque la vente de ces entreprises, la fuite des familles. Et un décrochage, sur ce point, face aux Allemands. A peine investi à la tête du Medef, Pierre Gattaz avait, à la tribune de l'Université d'été de son organisation, pointé les méfaits de l'ISF. Se faisant applaudir par la salle, avant de se faire rappeler à l'ordre, un peu plus tard, par Christophe de Margenie. On connait l'histoire. Une remarque, à l'époque, non pas sur le fond mais bien sur la forme, du patron de Total: "Pierre, tu sais bien que l'ISF est un sujet très sensible, et qu'il ne peut pas être supprimé. Tactique: "on n'a pas intérêt à le mettre en avant comme une priorité".

Ca va mieux. L'attractivité de l'économie française s'améliore nettement. C'est la France qui le dit. Plus précisément, l'Agence Française pour les Investissements Internationaux, qui vient de publier son "Tableau de bord annuel". L'édition 2014 est très flatteuse. La France (comparée à 13 autres pays de son rang) se glisse au plus haut sur de nombreux critères. 1ère pour le soutien à la Recherche & Développement, 1ère pour le prix de son électricité, 2ème pour la qualité de ses aéroports et pour son internet haut-débit. 3ème pour le transport ferroviaire des marchandises. Elle s'améliore, note encore l'étude, en terme de coût horaire dans l'industrie, même si ça reste l'une de ses faiblesses, avec la complexité administrative et réglementaire. Et la fiscalité.

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