C'est Dominique de Villepin qui a relancé l'idée, hier soir. L'ancien Premier ministre devenu aujourd'hui "premier opposant" autoproclamé à Nicolas Sarkozy appelle à un compromis sur la réforme des retraites. Au moment, où précisément (mais c'est, bien sûr, fait exprés) où le Président de la République, son gouvernement et sa majorité semblent avoir choisi, plutôt, de "jouer la montre". Attendre. Attendre le vote du texte au Sénat pour affaiblir l'Intersyndicale, divisée sur la conduite à tenir, une fois le texte adopté. Attendre les vacances scolaires pour en finir avec la mobilisation lycéenne. Dominique de Villepin, le Premier ministre qui, en son temps, n'a jamais voulu céder sur le CPE, affirme qu'il faut tout faire, aujourd'hui, pour trouver un compromis. Pour lui, ce compromis se situe sur la 2ème borne d'âge de la réforme: le passage de la retraite à taux plein, de 65 à 67 ans. Ce passage-là pourrait être "corrigé, voire... effacé", explique Dominique de Villepin parce que c'est la source de "la plus grande injustice" de cette réforme. C'est encore une citation. Une citation de Dominique de Villepin donc. J'insiste parce que ça ressemble tellement à du François Chérèque qu'on pourrait se tromper. D'autant que Dominique de Villepin affirme encore qu'il manque un volet "emploi" à cette réforme (emploi des jeunes, emplois des seniors). Et qu'il manque, aussi, l'idée d'une réforme plus vaste (une "retraite par points", ou une retraite "à la carte"): des sujets défendus, depuis très longtemps, par le secrétaire général de la CFDT. Rendons donc, à César ce qui lui appartient: c'est donc bien François Chérèque qui, le premier, a mis sur la table, cette idée d'un "compromis possible" sur la question des 67 ans. Il ajoute, tout de suite, que ça ne suffira jamais à "retourner" la CFDT, et à lui faire "signer" ou accepter cette réforme: "2010 n'est pas 2003"! Mais, c'est une porte de sortie qu'il faut envisager sérieusement, avait lancé fin septembre François Chérèque. Son idée, c'est de "suspendre" la décision sur le passage à 67 ans. Renvoyer la décision à 2015, avec un nouveau vote du Parlement (et la majorité sorties des élections de 2012). Ca ne coûte pas un euro à la réforme, puisque que le passage de 65 à 67 ans ne doit commencer qu'en 2016. L'Elysée avait, semble-t-il aussi imaginé, un temps, une telle solution. Mais avec la radicalisation des actions, il est, peut-être, maintenant, trop tard pour l'envisager. Les députés entament, aujourd'hui, l'examen du Budget 2011 de la France. Un budget de rigueur, qui doit réduire le déficit de 152 milliards (cette année) à 92 milliards d'euros (l'année prochaine). Ca passe par la "chasse aux niches fiscales, et par une forte réduction des dépenses. On le sait la réforme fiscale (supprimant le bouclier et l'Impôt sur la Fortune) a été renvoyée à plus tard, mais les débats s'annoncent animés (y compris au sein de l'UMP) sur plusieurs points, concernant notamment les entreprises: l'investissement dans les PME ou le Crédit Impôt Recherche. Le relèvement du tarif des amendes de stationnement -de 11 à 20 euros- (adopté en Commission) devrait, lui aussi, chauffer les esprits. Free a (enfin) tout compris. Free rentre dans le rang. Le fournisseur d'accès à internet annonce qu'il va commencer à envoyer les messages d'avertissement d'Hadopi, aux "pirates du téléchargement", à partir d'aujourd'hui. C'est ce qu'annonce le patron de Free, ce matin, le patron de Free, dans un entretien accordé aux Echos.

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