C'est un nouveau personnage qui vient d'apparaître dans l'interminable feuilleton Bettencourt: Jean-Victor. Un prénom de majordome... mais rien à voir avec celui qui enregistrait, à son insu, la vielle dame. Jean-Victor, c'est Jean-Victor Meyers, le petit-fils de la milliardaire. Le fils de la fille. Avec le placement sous tutelle, hier, de sa grand-mère, le jeune homme de 25 ans devient l'un des personnages-clé de toute cette histoire. C'est lui qui va devoir s'occuper d'elle (de sa santé, notamment). Et c'est lui qui pourrait, également, prendre sa place, au sein du Conseil d'administration de l'Oréal.Ce qui s'est passé, hier, n'est pas anecdotique, n'est pas que cosmétique: c'est l'avis partagé par beaucoup d'analystes financiers, ceux qui scrutent les moindres mouvements dans l'entreprise. Hier, Françoise Bettancourt-Meyers (la fille) et ses enfants (il y a un autre fils, Nicolas) ont eu beau préciser que la décision de justice qui venait d'être rendue ne change rien à la bonne marche de l'entreprise, peu de spécialistes les ont cru. Beaucoup s'attendent, notamment, à une sorte de reprise en main du management de l'Oréal. "Jean-Paul Agon a dû souci à se faire", estime l'un de ces experts, "Françoise Meyers, c'est une femme déterminée", et elle va vouloir, sans doute, secouer une maison qui "ronronne un peu". Mais c'est surtout l'avenir du tour de table de l'Oréal qui suscite le plus de commentaires. Le changement de génération, à la tête de la famille Bettencourt, première actionnaire de l'entreprise, marque-t-il le début d'un processus qui doit mener à la vente de l'Oréal? La question n'est pas nouvelle: au pire moment de bataille familiale, c'était déjà un argument lancé par la mère, contre sa fille: "Françoise, soupçonnée de vouloir vendre L'oréal au suisse Nestlé, l'autre grand actionnaire de l'entreprise (les Bettencourt et Nestlé ont, grosso modo, 30% chacun, et sont liés par un "pacte" jusqu'en 2014). La fille, le gendre, les petits-fils ont beau répéter que ce n'est pas leur intention, le soupçon demeure. C'est lui qui explique la bonne tenue du titre l'Oréal à la bourse hier (+1,2%, dans un marché en nette baisse). Les investisseurs veulent croire à une prochaine prise de contrôle, amicale ou non, du Suisse.

AAA. L'agence de notation Moody's place la France "sous surveillance". Et c'est, peut-être, un premier pas vers la dégradation de la note française, aujourd'hui, la meilleure possible: le triple A. On n'y est pas encore: Moody's annonce qu'elle va, simplement, réévaluer la perspective "stable" de la note française, dans le cadre de l'étude annuelle de ses comptes. Mais ça veut dire, cela dit, que dans les 3 mois, cette perspective pourrait devenir "négative", et, du coup, menacer le "triple A" de la France. Sur le fond, Moody's estime que les marges budgétaires françaises se sont réduites, et que son niveau d'endettement est, aujourd'hui "plus fragile" que ceux d'autres pays de zone euro, notés "triple A", autrement dit l'Allemagne.

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