Ding Yifan est chinois. Economiste. Présenté comme proche du pouvoir: il est le directeur adjoint, à Pékin, de l'Institut pour le Développement mondial... centre de recherche, rattaché, effectivement, au gouvernement chinois. Le correspondant, à Pékin, des Echos a eu la bonne idée, ce matin, d'aller lui demander son sentiment sur la situation de l'Europe. "Etes-vous inquiets pour l'avenir de la zone euro?", c'est la première question de l'interview. "Pas tant que ça", répond l'économiste chinois. Alors que l'Espagne, vacille à nouveau, avec des taux d'intérêt en hausse, Ding Yifan estime, lui, que les finances publiques espagnoles sont "loin d'être catastrophiques". Hors intérêts de la dette, "le budget du pays est équilibré", dit-il. En fait, pour lui, la "rechute" actuelle est liée aux manifestations récentes, en Espagne. Vu de Chine et "toutes proportions gardées", cette grève générale rappelle le "Printemps arabe", dit-il. Pour l'ensemble de la zone euro, l'économiste souligne 2 raisons principales de ne pas désespérer, en nous comparant aux Américains. D'abord, l'endettement public. Il tourne autour de 88%, dans la zone euro, quand pour les Etats-Unis, il est à plus de 100%. Ensuite, parce que le niveau d'épargne des Européens est nettement plus élevé que celui des ménages américains. Sa conclusion: "l'Europe est en bien meilleure santé financière que les Etats-Unis". Alors, évidemment, y compris pour un optimiste, tout n'est pas rose: beaucoup d'efforts attendent les Européens, notamment pour stabiliser la situation et bâtir l'union budgétaire. Ding Yifan cite Bruce Akerman, ce professeur de Yale, qui compare l'Europe d'aujourd'hui aux 13 colonies qui ont créé les Etats-Unis d'Amérique. Ruinées par la guerre d'indépendance, rattrapées, donc, par une "crise de la dette", elles se sont unies, et ont réussi grâce à leur union fiscale. Ding Yifan en conclut que tout dépend, maintenant, de la rapidité d'action des responsables politiques européens. Sinon, dit-il, c'est une force antagoniste qui l'emportera: le nationalisme qui pousse les pays à s'éloigner les uns des autres.

Banques. Le FMI s'inquiète toujours pour les banques européennes. On se souvient du "cri d'alarme", l'été dernier, de Christine Lagarde, très critiqué). Les experts du FMI le renouvellent. Les nouvelles normes bancaises, expliquent-t-il, créent un besoin de 2 mille 600 milliards d'euros pour les banques européennes. Le risque reste, donc, bien celui d'un assèchement du crédit, un "credit crunch". Pour la France, le FMI table sur un recul "limité" de l'offre de crédit, dans les 2 prochaines années.Super Mario? En Italie, le "Professore" Mario Monti ne fait pas de miracle: il a reconnu, hier, que la récession, dans son pays, est plus forte que prévue: -1,2% attendu, désormais, pour cette année. Le chef du gouvernement italien repousse son objectif de déficit zéro: ce ne sera pas en 2013.

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