"Franchement, qu'est-ce que Frédéric Saint-Geours faisait encore, hier matin, à la télé, invité des "4 vérités" de Télématin. Pas un seul patron ne regarde cette émission!". C'est un très bon connaisseur du monde patronal qui s'étonnait, hier de la drôle de campagne, selon lui, pour la présidence du Medef, de Frédéric Saint-Geours, une campagne qu'il a mené dans les médias, en multipliant les sorties, ces derniers jours, quand Pierre Gattaz, lui, se faisait plus discret, mais menait une campagne de terrain, près de la base, près des patrons. Près des votants. Ce serait l'une des raisons de l'échec cinglant, hier, du président de l'UIMM. Il était présenté comme l'un des favoris à la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef, mais hier soir, il a retiré sa candidature, faute d'avoir obtenu le soutien de sa propre organisation. Tout s'est joué, en quelques heures, à l'occasion, des traditionnelles auditions des candidats qu'organise, à chaque élection, l'UIMM, la fédération patronale de la métallurgie, la plus puissante du Medef. Obtenir son soutien, c'est prendre une option sur la victoire finale. Hier, chaque candidat à la présidence du Medef, a eu 30 minutes pour présenter son programme, puis s'est soumis pendant 15 de plus au jeu des questions-réponses. Un "grand oral" donc. On dit que Patrick Bernasconi, ex-proche de Parisot, est passé complément à côté. Que Geoffrroy Roux de Bézieux, au contraire, a plutôt réussi son passage. Mais l'enjeu était ailleurs, dans cette "primaire" entre Frédéric Saint-Geours et Pierre Gattaz, tous 2 issus de la métallurgie. On s'attendait à un score serré, il n'en a rien été. Au premier tour, Gattaz l'a emporté avec 149 voix contre 69 seulement pour Saint-Geours, défait. Dans l'entourage de Pierre Gattaz, on reconnaît qu'on ne s'attendait pas à un tel succès. Cela dit, commente notre "insider" (témoin très bien placé pour suivre tout ça de près) "on voyait bien que la dynamique était de son côté". "C'est une candidature qu'il prépare depuis très longtemps. Il a multiplié de façon impressionnante les visites sur le terrain. Il a travaillé, un à un, les votants quand Frédéric Saint-Geours, trop sûr de lui sûrement, a pensé que les sorties médiatiques suffiraient. Comme les vidéoconférences, avec les patrons en province. Pierre Gattaz, du coup, a bien su capter, et s'appyer, surtout, sur le mécontement, aujourd'hui, des patrons, particulièrement ceux de la métallurgie, secteur qui soufre de la crise. Des patrons qui souhaitent, semble-t-il, un Medef "plus combatif" face à la Gauche au pouvoir. Et face aux syndicats. Comme Yvon Gattaz (le père de Pierre) à la tête du CNPF dans les années Mitterrand. Quand Frédéric Saint-Geours lui, dirigeait, le cabinet d'un ministre socialiste. Le vote d'hier, à l'UIMM, est aussi un signal de mécontement -un de plus!-, adressé au gouvernement.

Vive la Chine! PSA Peugeot Citroën se console en Chine. Le constructeur automobile français ne cesse de voir ses ventes reculer en Europe (-16% sur un an, selon des chiffres publiés, cette semaine)... mais en Chine, c'est l'inverse! A la veille de l'ouverture du grand Salon automobile de Shanghaï, demain, PSA a fait savoir qu'il vise une augmentation de ses ventes de 26% dans ce pays, cette année. En fait, entre janvier et mars, la Chine est devenu son premier marché. Devant la France (si on exclut les véhicules utilitaires). En Chine, PSA dégage 7% de rentabilté, quand il perd de l'argent, dit-il, en Europe.Pas assez. Des profits -3 milliards de dollars, au 1er trimestre- mais pas assez. IBM s'apprête à supprimer des emplois. En France, les syndicats s'attendent à la supression de mille 200 à mille 400 postes.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.