Une chronique de Régis Lachaud. ____ Oui, c'est grave, selon le bulletin de santé publié ce matin par l'INSEE. Mais, en résumé, le pire est peut-être derrière nous. Et le malade pourrait progressivement aller mieux pendant les prochains mois. A moins d'une rechute accidentelle. Sa note de conjoncture évoque en effet une forte baisse du PIB au quatrième trimestre. Moins 0,8%. Baisse qui serait moins grave ensuite au premier trimestre 2009 (moins 0,4), puis moins 0,1 au second. Pour l'INSEE, la France est en récession depuis le printemps dernier, au delà des chiffres bruts. Mais la situation s'est aggravée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre, et ses conséquences sur les marchés financiers, puis, sur les économies réelles. Actuellement, tous les pays industrialisés ou presque sont en récession et le resteront au moins jusqu'à l'été 2009. Entre destockage et réduction des investissements dans les entreprises, raréfaction des crédits bancaires et prudence des consommateurs du fait de la montée du chomage et d'un contexte anxiogène. Selon l'INSEE, l'économie française devrait détruire 169 000 emplois pendant les premiers mois de l'année 2009. Quelques quotidiens sont même plus alarmistes ce matin en affichant un solde de 214 000 destructions de postes dans le secteur marchand non agricole, un autre chiffre de l'INSEE qui ne prend pas en compte l'influence du secteur public et des contrats aidés. De toute façon, au-delà des chiffres, cette note de conjoncture de l'INSEE confirme ce que tout le monde pressentait : le plan de relance de Nicolas Sarkozy, qui est examiné ce matin en conseil des ministres extraordinaire, ne suffira pas ! C'est grave, Docteur... mais, pour l'instant, le malade est en observation attentive. Pour surveiller au jour le jour l'évolution de son état. La principale information, ce matin est un chiffre... moins 0,8%. Ce sera le pourcentage de baisse de l'activité économique en France au quatrième trimestre. L'INSEE publie ce matin sa dernière note de conjoncture, avec ses prévisions pour les six prochains mois. Titre choisi : récessions. Avec un s pour tous les pays industrialisés, ou presque. On y revient dans quelques instants. Au Japon, la banque centrale réduit encore son principal taux directeur pour lutter contre la crise économique et tenter de stopper la remontée du yen vis à vis du dollar. Ce taux passe de 0,3 à 0,1%. Autrement dit, crédit gratuit et, même, taux négatif si l'on tient compte de l'inflation. La Poste changera bien de statut mais ne recevra que des capitaux publics, notamment de la Caisse des dépots. C'est ce qu'a déclaré hier Nicolas Sarkozy, en déplacement dans les Vosges. Le président de la République recevra aujourd'hui à l'Elysée les dirigeants de la Poste et les membres de la Commission Ailler et qui recommande dans un rapport cette solution de financements publics. Les syndicats de la Poste dénoncent une nouvelle étape vers la privatisation et se réuniront ce matin.

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