Demandez à un économiste, interrogez un responsable européen, et pas tous, mais beaucoup finiront par vous dire la même chose: c'est à la Banque Centrale Européenne, maintenant, d'agir pour dénouer cette crise! "Elle le fera d'ailleurs. La question étant, désormais, de savoir si elle le fera à temps... ou trop tard" explique-t-on à l'Elysée, où le Président se refuse à tout commentaire public sur l'action de la BCE. L'explication est simple. Les Etats européens, dès le début de l'année prochaine, vont devoir aller chercher plus de 150 milliards d'euros sur les marchés. Les investisseurs rechignent. Ou demandent des taux d'intérêts prohibitifs. Les Fonds Européens de Secours, eux, ont déjà épuisé une bonne partie de leur ressources, et les pays européens ne peuvent plus les renflouer, sinon c'est la dégradation immédiate par les agences de notation. Reste, donc, la Banque Centrale Européenne. On lui suggère ceci: qu'elle annonce qu'elle rachètera tous les titres de dette de la zone euro, passé un certain niveau de taux d'intérêt. Cette simple décision, cette simple annonce, affirment les partisans de cette solution, suffira à calmer les marchés. C'est autour de cette solution qu'on tourne, depuis depuis des semaines, depuis des mois même. Mais ce matin, par 2 fois, les dirigeants de la BCE douchent tous les espoirs d'une interventon musclée de leur institution. Première salve, dans le Financial Times. Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, accorde sa première grande interview depuis sa nomination (aujourd'hui, il doit aussi prendre la parole au Parlement européen). Dans le FT, Mario Draghi le redit: racheter massivement de la dette n'est pas possible: les statuts de la BCE ne le permettent pas! Et l'Italien d'ajouter: "la politique monétaire ne peut pas tout. C'est aux Etats de rassurer sur leur discipline budgétaire et leurs réformes structurelles". La deuxième salve n'est pas en anglais, mais en allemand traduit en Français. On la trouve dans les Echos, avec cette interview du patron de la Bundesbank, Jens Weidmann. Il est membre, également de la BCE, et dit exactement la même chose: "on ne surmontera certainement pas la crise de confiance actuelle... en violant la Loi"! La BCE, ce matin, reste inflexible.

Service minimum? Le gouvernement aimerait étendre le "service garanti" à tout le secteur aérien. Réaction, évidemment, à la grève des agents de sécurité qui pertube toujours les aéroports de Toulouse, Roissy et surtout Lyon. Hier soir, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie et des Transports, s'est dite favorable à l'adoption d'une proposition de Loi UMP qui souhaite étendre, au transport aérien, les obligations créées en 2007 pour les cheminots, notamment l'obligation de se déclarer gréviste 48 heures à l'avance. Et non à la prise de service. Cette proposition de Loi doit être examinée en janvier par les députés, mais elle a peut de chance d'être adoptée avant la Présidentielle.Contre Fitch. "Une solution globale à la crise de la zone euro est techniquement et politiquement hors d'atteinte", c'est l'avis de l'agence de notation Fitch... les ministres européens des Finances vont tenter, aujourd'hui, de lui prouver le contraire. Ils tiennent une réunion téléphonique, cet après-midi. Au programme: le renforcement des ressources du FMI (200 milliards) et le montage final du Fonds de Secours Européens (500 milliards). Demain: première réunion pour rédiger le nouveau traité européen à 26.

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