Ce sera, finalement, Louis Gallois. Encore lui! Toujours lui! A croire que le gouvernement ne connaît que lui! Pour prendre la tête du Commissariat général à l'Investissement? Louis Gallois. Pour rédiger un rapport sur la compétitivité? Louis Gallois! Pour représenter l'Etat au Conseil de Surveillance de PSA Peugeot Citroën?. La décision a été rendue publique, hier: ce sera... Louis Gallois! Attention: je dois me corriger, tout de suite: Louis Gallois ne sera pas au sein du Conseil, le représentant officiel de l'Etat. Il a été coopté au titre d'administrateur "indépendant, chargé de faire le lien avec l'Etat". La formule fait rire tout le monde mais c'est celle qui a été trouvée, fin octobre, en guise de contrepartie à l'aide financière que le gouvernement accorde à la banque de PSA, en difficulté. C'est donc, Louis Gallois qui été choisi. D'une certaine façon, ce choix apparaît comme une évidence: indépendant (d'esprit), il l'est. Lié à ce gouvernement, et très loyal, il l'est aussi mais ça n'a pas été si facile de prendre la décision. Il y a quelques jours encore, à Bercy, on reconnaissait certaines complications. Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, la famille Peugeot, l'actionnaire principal, et Philippe Varin, le patron de PSA n'arrivant pas à se mettre d'accord. En fait, comme souvent dans pareil cas, une liste de personnalités -une demi-douzaine, pas plus- pouvant remplir les conditions (notamment bien connaître l'industrie) a été dressée. Certains, approchés, ont refusé la proposition. L'hypothèse Louis Schweitzer a été abondonnée, elle, sitôt envisagée: nommer l'ancien patron de Renault, au Conseil de PSA, était trop provocateur. Alors, finalement, et après quelques va-et-vient, le choix s'est arrêté sur Louis Gallois. Son nom, d'ailleurs, avait émergé, dès le début du processus, mais on avait jugé, alors, l'ancien patron de la SNCF et d'EADS trop occupé. L'argument est finalement balayé. Pas celui de possibles conflits d'intérêts avec ses fonctions de Commissaire général à l'investissement, mais, hier soir, Matignon a pris les devants, promettant de prendre les dispositions nécessaires. Du côté de PSA, on se dit très content de ce choix "prestigieux". Louis Gallois, c'est un excellent choix. Quant à son rôle de "vigie" sur les activités du groupe, PSA l'affirme: "on n'a rien à cacher au gouvernement"!

Parts inégales. Le gouvernement présente, ce matin, sa réforme du système bancaire français. C'était une promesse du candidat Hollande: "maîtriser la finance", cet ennemi "sans nom et sans visage". Le texte présenté, ce matin en Conseil des ministres semble moins ambitieux. Certes les banques vont être coupées en 2 mais seuls 2% de leurs activités seront isolés dans une filiale, séparée des dépôts des clients. Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie veut préserver, dit-il, le modèle français de banque universelle. Et, surtout, ses emplois. Sa réforme s'accompagne d'une interdiction de la spéculation sur les matières premières, l'interdiction du trading haute fréquence (la spéculation à la milliseconde). Des mesures de protection des clients les plus modestes sont également prévues, comme la limitation des frais pour incidents de paiement.Pas gagné. Patronat et syndicats réunis, à partir d'aujourd'hui, pour trouver un Accord sur l'emploi. Le Medef a présenté, hier, ses nouvelles propositions. Il refuse toujours l'idée de taxer les CDD.

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