Je n'y étais pas, vous non plus. Mais, certains des participants se sont déjà livrés à quelques confidences, depuis hier soir et leur sortie de l'Elysée. Grâce à elles, on sait, par exemple, que ce Sommet n'a pas très bien commencé, hier après-midi, la première demi-heure, à la demande des syndicats, ayant été consacrée à la situation en Guadeloupe. Moment "grave", "solennel" (quelques heures après la mort d'un homme, tué par balle), moment "tendu", également, raconte un témoin. C'est Bernard Thibault qui a pris la parole, le premier pour demander au Président de s'expliquer sur son silence et sur l'enlisement du conflit. Nicolas Sarkozy a répondu point par point, répétant notamment que ce n'est pas à l'Etat de s'immiscer dans des négociations salariales. L'échange aura valu, semble-t-il, une première "pique" en direction de Laurence Parisot. Il y en aura d'autres... à tel point (c'est le Figaro, ce matin, qui l'affirme) que la présidente du Médef s'est plainte, à un moment d'être la "tête de turc" de la réunion. Un participant confirme un échange assez vif entre elle et Bernard Thibault (encore lui), puis un autre échange tout aussi vif entre Laurence Parisot et le Président lui-même, qui n'a pas apprécié sa sortie "pédagogique" sur la répartition des profits, "propriété des seuls actionnaires" pour la patronne des patrons. Nicolas Sarkozy -qui le redira plus tard à la télévision- a affirmé, lui, que les salariés doivent obtenir la part légitime "qui leur revient". Une négociation va s'ouvrir avec peu d'espoir d'aboutir, selon les syndicats. D'une façon générale, les représentants syndicaux ont apprécié, la séance: ils l'ont trouvé bien moins formelle que la dernière fois: il y a eu de vrais échanges, affirment-ils.. avec François Chérèque, sur la question du paquet fiscal, des 35 heures (évoquées par le président, "il ne peut pas s'empêcher d'en parler" en présence de la CFDT, affirme un habitué). Autre échange avec les syndicalistes, sur les suppressions de postes dans la fonction publique, sur les salaires, et sur le smic. A chaque fois, une "fin de non-recevoir" de la part du Président. Qui aura été le seul à prendre la parole, du côté "gouvernemental" de la table. Les ministres présents ont fait, eux, de la "figuration". Nicolas Sarkozy ajoute, donc, un "volet social" à son Plan de relance. Une série de mesures, chiffrée par l'Elysée, à 2,6 milliards d'euros. Ce n'est pas un "virage" dans la politique menée: cette somme ne représente qu'un 10ième des 26 milliards déjà consacrés à l'investissement. C'est l'équivalent de 0,1 point de PIB (pas grand chose, donc), mais c'est le début d'une inflexion. "Pas suffisant" pour les syndicats vont maintenir leur appel pour une 2ème journée de manifestations, le 19 mars. Encore des bénéfices! 3 milliards de bénéfices pour BNP-Paribas, qui dévoile, ce matin, ses résultats financiers pour 2008. PPR -le groupe Pinault, de luxe et de distribution dévoile, également, des bénéfices. Ses filiales... la Fnac, Conforama... ont annoncé, pourtant hier, un total de 1200 suppressions de postes. La "racine du mal", l'origine de la crise: l'immobilier américain. Barak Obama a débloqué, hier, au moins 75 milliards de dollars pour aider les ménages menacés de saisie, faute de pouvoir rembourser leurs crédits immobiliers. L'objectif est d'enrayer l'engrenage "fatal" de cette crise, en tentant de limiter les défaillances, qui "plombent" les comptes des banques.

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