Le recours au 49.3, sur la Loi Macron, il y a plusieurs mois, déjà, certains ministres le prédisaient. "Trop de mesures pour un seul texte, donc beaucoup de mécontentements en même temps: le risque est très grand" expliquaient quelques "poids lourds" du gouvernement, un brin agacés -c'est vrai- par l'activisme de leur jeune et fringuant nouveau collègue. Emmanuel Macron, lui aussi, avait identifié ce risque. C'est pour ça qu'il a décidé de mener un examen du texte "exemplaire", à l'Assemblée: 82 heures de travail en Commission spéciale, 111 de plus en séance publique, un millier d'amendements adoptés. Mais voilà, au final, le texte ne passe que par la grâce du 49.3. Un conseiller ministériel s'agace: "c'est le cabinet Macron qui a déconné", en restant inflexible sur certains points. Visé, également, Jean-Marie Le Guen, le ministre chargés des relations avec le Parlement: "c'est à lui de s'assurer qu'un texte soit voté, et il avait les moyens de "retourner" certains frondeurs, par exemple, en leur faisant porter des amendements "sociaux". Le smic français, imposé aux routiers étrangers, notamment. Ceux qui ont soutenu le texte, à l'Assemblée, n'ont pas cette re-lecture de l'histoire. "Franchement, je ne vois pas où on a commis une erreur" dit l'un d'eux, renvoyant, comme d'autres, la responsabilité de l'échec, à l'agitation socialiste pré-Congrès, des "rivalités groupusculaires", ironise-t-il. Benoit Hamon est clairement visé, mais l'ancien ministre redit, lui, que c'est l'intransigeance de Manuel Valls sur les compensations à accorder pour le travail du dimanche, qui a provoqué le clash. En séance, l'idée d'une compensation minimum, fixée par la Loi, est rejetée. et lors d'une discussion, samedi soir dernier, à la buvette de l'Assemblée, le ministre Emmanuel Macron et les rapporteurs du texte -y compris un proche de Benoit Hamon!-, lui ont redit leur opposition, à l'idée de fixer un tel seuil. "Il faut faire confiance à la négociation" expliquent-ils à l'ancien ministre. "Sans Accord, pas d'ouverture le dimanche: le rapport de force sera en faveur des salariés!", lui disent-ils encore, selon un temoin de la scène, qui jure qu'à aucun moment, il n'a été promis un compromis sur ce point à Benoit Hamon (compromis qu'aurait, ensuite, rejeté le Premier ministre). D'autant, qu'à cette heure-là, il ne parle que de s'abstenir. Ce n'est que le lendemain, dimanche, que Benoit Hamon annoncera, finalement, sa volonté de voter contre.

Les grandes manoeuvres se poursuivent dans le secteur des télécoms. Hier, à la surprise générale, Patrick Drahi, le patron de SFR-Numéricable, a proposé à Vivendi de lui racheter ses parts, 20% du capital. Ce rachat, qui doit permettre à Patrick Drahi d'être seul maître à bord de SFR était prévu, mais pas aussi rapidemment, pas dans ces conditions. Il met 4 milliards d'euros sur la table. Vivendi se pronocera la semaine prochaine, mais devrait accepter. Pour certains, cette accélération du calendrier pourrait être le premier acte d'une autre opération, signée Patrick Drahi: le rachat de Bouygues Telecom.

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