L'actualité économique, en 2008, a été dominée par les banques : de Kerviel à Madoff, en passant par Lehman Brothers. En ce début 2009, c'est reparti. Même si c'est plus discret. L'Irlande, vendredi, a dû annoncer la nationalisation d'AIB, troisième prêteur du pays ! En Allemagne, on s'inquiète, à nouveau, beaucoup, de l'état de santé des établissements bancaires : on parle, là-bas aussi, d'une entrée de l'Etat au capital de l'une des plus grandes banques du pays. A Londres, on a (comme d'habitude) une longueur d'avance : Gordon Brown doit annoncer, dans la journée, un nouveau Plan global de sauvetage de ses banques. C'est le deuxième depuis le début de la crise ! Le "tour du monde" continue. Aux Etats-Unis, le conseiller le plus proche de Barack Obama a affirmé, hier, que dès son entrée en fonction, le nouveau Président va envoyer un "message fort" aux banques américaines. "Nous voulons que le crédit soit distribué à nouveau" affirme ce conseiller d'Obama. "Les banques ne doivent pas s'asseoir sur l'argent reçu des contribuables". Et encore : "cet argent ne doit pas servir à des rémunérations excessives des patrons, ni à la distribution de dividendes aux actionnaires". Ce qui nous ramène directement en France, où les termes du débat, depuis quelques jours, sont exactement les mêmes. Nicolas Sarkozy, jeudi, n'a, en effet, pas dit autre chose, en posant ses conditions à l'octroi d'une nouvelle aide publique aux banques françaises : "pas de bonus" cette année a dit notamment le Chef de l'Etat. BNP-Paribas, samedi, a répondu "d'accord". A la Société Générale, Frédéric Oudéa -le patron- aurait, lui, répondu "non, pas question" selon le "Journal du Dimanche". Et le patron du Crédit Agricole, lui aussi fait de la résistance. S'il jure qu'il n'y a aucune polémique avec l'Elysée, Georges Pauget répète que sa rémunération est fixée, et restera fixée par son Conseil d'administration. Et non, par le gouvernement. Circulez, y'a rien à voir. Il a rendez-vous, avec ses collègues banquiers, demain soir, à l'Elysée. La réunion promet d'être animée ! Le patronat français lave son linge sale... en public. Ce sera, cet après-midi, au cours d'un procès inédit. Procès en diffamation, au Tribunal de Grande Instance de Paris. C'est Laurence Parisot, la présidente du Médef, qui attaque Daniel Dewavrin. En mars dernier, cet ancien président de l'UIMM a déclaré qu'elle connaissait les pratiques douteuses de son organisation, avant leur révélation par la presse fin 2007 : des retraits et les versements en liquide pour "fluidifier les relations sociales". Laurence Parisot dément catégoriquement. Au centre de l'affaire, Denis Gauthier-Sauvagnac devrait venir témoigner, cet après-midi. Mieux contrôler. Christine Lagarde veut mieux contrôler les produits financiers, notamment ceux proposés aux particuliers. La ministre de l'Economie s'exprime dans "Les Echos", ce matin. Elle vise, par exemple, les crédits immobiliers à taux variables dont les risques, affirme-t-elle, ne sont pas toujours expliqués aux clients. Elle parle, également, de mieux encadrer les crédits à la consommation vendus, directement, dans les grands magasins. Réformes promises avant l'été.

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