"Vous l'avez trouvé comment le Président?" Perte du triple A vendredi dernier, conférence de presse tendue, à Madrid lundi, mauvais sondages depuis: on était curieux de savoir comment les syndicalistes ont trouvé Nicolas Sarkozy, hier. Eux qui ont passé 4 heures avec lui, à l'Elysée. Eux également qu'il n'est pas difficile de faire parler pour décrire les coulisses de ce genre de rendez-vous: certains participants, dont on taira les noms, ont même envoyé des "twitts" et des "sms", pendant la réunion, c'est-à-dire depuis la salle de l'Elysée! Alors comment était-il NicolasSarkozy, hier? "Comme d'habitude", en fait, affirment les syndicalistes. Tout juste, un membre de la délégation CGT l'a-t-il trouvé, un peu fébrile, nerveux ("ses mains étaient agitées", rien de plus). Jean-Claude Mailly, aussi, l'a trouvé "normal". Le leader de Force ouvrière a apprécié le ton de la réunion: discussion, parfois, à bâtons rompus, où "Président" et "participants" ont pu se couper la parole, et dire ce qu'ils pensaient. Chérèque, Mailly, Thibault, Parisot ont, chacun, eu le droit à leur "passe d'armes" avec leur hôte. Le Chef de l'Etat lui s'est offert (c'est son habitude) quelques commentaires (ou digressions) sur les grands thèmes abordés mais tous étaient assez classiques, un peu "réchauffés": sur les banquiers (qui ne font leur travail), sur les grands patrons et leur gros salaires, sur Louis Schweitzer, l'ancien patron de Renault, "qui a trop délocalisé" (Nicolas Sarkozy l'agite comme un épouvantail). Sur le nucléaire encore, et le quotient familal mais sans jamais que le nom de François Hollande ne soit prononcé. Tout s'est donc plutôt bien déroulé. Les mesures annoncées, au final, sont "trop faibles" mais "vont dans le bon sens" ont commenté, grosso modo, les leaders syndicaux. Qui sont, à les entendre, toutefois ressortis de l'Elysée, avec une drôle d'impression sur les sujets qui les fâchent: la TVA sociale et les Accords compétitivité-emploi (ces Accords qui permettraient de troquer, dans les entreprises, le maintien des emplois contre une baisse de salaire, ou une modification du temps de travail). Le Président hésite-t-il devant ces chantiers "à risque" politiquement mais qu'il a, lui-même, lancé? Hier, en lisant son texte, devant les caméras, le Président a, par exemple, oublié de lire le paragraphe sur les Accords compétitivité: le Medef a dû aller vérifier. Et sur la TVA sociale: les syndicalistes l'ont trouvé "très, très flou". Ils ne sont pas dupes: "c'est, sans doute, tactique, stratégique". Mais, aussi, peut-être, le signe que les inquiètudes de sa majorité gagne le président-candidat. Ce n'est pas un hasard: Nicolas Sarkozy a annoncé, hier, 10 jours de concertations "avec les parlementaires", avant de trancher.

500 milliards. Le Fonds Monétaire International est à la recherche de 500 milliards de dollars! 500 milliards -rien que ça!- pour faire face à la crise de zone euro et ses retombées économiques, sur l'ensemble de la planète. C'est un non-dit, mais il s'agit, notamment, de se donner les moyens d'un éventuel sauvetage de l'Italie ou de l'Espagne. Les pays de la zone euro ont déjà promis 150 milliards. Les Etats-Unis ont déjà dit non. La Grande-Bretagne rechigne. Restent les pays émergents.500 millions . Le Sommet social, hier à l'Elysée, débouche sur un plan d'urgence à 430 millions d'euros, obtenus par redéploiements budgétaires, c'est-à-dire sans "sortir" un centime supplémentaire. Certaines mesures, comme le "zéro charges pour l'embauche d'un jeune dans une TPE", entrent en vigueur "immédiatement", selon le gouvernement.

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