Si son objectif, c'est qu'on parle de lui (ici, comme partout ailleurs) ; si l'idée c'est d'être, à nouveau, invité au Journal de 20h de TF1 (c'était le cas hier soir) ; alors -bravo !- c'est gagné ! Bernard Tapie est, à nouveau, au centre des discussions. On lui ouvre les antennes, les colonnes des journaux pour qu'il livre ce message d'une extrême importance : "il est urgent d'agir (pas pour la planète, contre la famine, ou l'injustice), il est urgent d'agir pour le Club Med. Le feuilleton est relancé depuis hier, avec l'annonce de l'entrée de Bernard Tapie au capital du groupe touristique. En 3 jours, il a acheté 330 000 actions de l'entreprise, affirme-t-il (jusqu'ici, il n'en possédait aucune), soit un peu plus de 1% du capital. 1%, ça ne permet pas grand chose concrètement, sauf de rester dans le jeu, et d'entretenir le suspense. Tout reste possible... notamment (avec de bons alliés) de lancer une OPA. Bernard Tapie s'en défend : "je ne suis pas un prédateur", dit-il. "Je ne veux pas, non plus la place d'Henri Giscard d'Estaing", le patron du Club, "je veux juste... aider". Alors faut-il croire la belle histoire qu'il nous raconte "Tapie... volant au secours du Club Med" ? Difficile, parce que la seule justification qu'il donne, c'est qu'il connait bien l'entreprise, qu'il l'aime, pour avoir longtemps passé ses vacances dans ses villages. C'est un peu court, mais c'est pourtant, avec ces arguments (et quelques idées, dit-il, pour relancer l'entreprise en difficulté) qu'il s'est présenté, fin avril, au patron de Club Med. La rencontre devait rester secrète, mais elle a été révélée par la presse. Par Bernard Tapie ? Ce n'était pas son intérêt, à ce moment-là. Par le Club Med, alors... pour lui savonner la planche ? Possible. Depuis, en tout cas, tous les coups sont permis, de part et d'autre et, du coup, l'histoire ne se lit plus, tout à fait, en noir et en blanc. "Le méchant Tapie contre les gentils... organisateurs". La France sortira de la récession avant la fin de cette année. C'est l'INSEE qui l'affirme ce matin, dans sa "note de conjoncture". Cela dit, l'Institut prend encore plus de précautions qu'à l'accoutumée : "l'incertitude est encore grande", dit-il, mais l'INSEE affirme que la récession pourrait, effectivement, prendre fin au quatrième trimestre de cette année, après 6 trimestres négatifs de suite. Du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale. En octobre, novembre, décembre, la croissance française sera à zéro (pas plus), ce qui veut dire, aussi, qu'il va falloir attendre 2010 pour reparler, vraiment, de croissance. L'INSEE est beaucoup plus pessimiste, en tout cas, concernant l'emploi. Le chômage va continuer à augmenter fortement, dépassant la barre de 10%, fin 2009. A Pôle Emploi, où une grève était organisée, hier, pour dénoncer les conditions de travail des conseillers face à l'afflux de chômeurs, les syndicats prédisent une rentrée... "ingérable". Après Obama... l'Europe ! Au Sommet de Bruxelles, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni sont parvenus à un accord pour renforcer la régulation financière. Le compromis va être soumis aujourd'hui aux 24 autres pays de l'Union. Il prévoit la mise en place de 3 nouvelles autorités de supervision, au niveau européen. Pour contrôler les marchés financiers, les banques, l'assurance et les agences de notation.

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