"Nos poissons sont de pêche, sauf le saumon qui est d'élevage". C'est ce que précisent les menus du Cercle, le restaurant du Ministère de l'Economie et des Finances, au 7ème étage du bâtiment Colbert, à Bercy. "C'est bon ici, dites-moi" a conclut, presque étonné hier, Jean-Jacques Queyranne qui invitait quelques journalistes à déjeuner. Le président de la région Rhône-Alpes, avec ses 2 co-auteurs, venait de remettre à Arnaud Montebourg, un rapport sur les aides accordées aux entreprises, et sur les moyens, évidemment, de les réduire. Comme l'a dit le ministre du redressement productif, les aides aux entreprises, c'est un "maquis urticant". Les patrons, toujours prêts à réclamer une baisse de la dépense publique, bénéficient, au total en France, de 1 600 aides différentes. 670, rien que pour l'Etat. Coût total: 110 milliards d'euros par an! Beaucoup sont très utiles mais, selon le rapport, beaucoup d'autres ne sont pas, ou ne sont plus, justifiées. Elles sont surtout, aujourd'hui, mal réparties. Des secteurs sont "sur-représentés" (l'agriculture, le commerce, l'artisanat...), quand l'industrie, les secteurs exposés à la concurrence internationale ou les secteurs d'avenir (le numérique, la transition écologique) sont négligés. Les aides annuelles aux buralistes, par exemple, sont 2 fois plus élevées que les aides à l'innovation d'Oséo! Jean-Philippe Demaël, le patron de Somfy, l'un des 3 auteurs du rapport, s'étonnait, hier, de ces aides aux buralistes: "les non-fumeurs paient pour les fumeurs" dit-il. Le rapport, évidemment, pointe quelques autres "perles", comme l'exonération des cotisations sociales pour les juges et arbitres sportifs (32 millions d'euros par an), ou encore cette "TVA non perçue (mais) récupérable". C'est une "aide à l'outre-mer" dont on ne m'avait jamais parlé" raconte Jean-Jacques Queyranne, ex-ministre... de l'outre-mer, précisément. Le Rapport propose, au total, de supprimer ou réduire, une bonne partie de ces aides. Pour 3 milliards d'euros au total. 1 milliard (dans l'idée des auteurs), pouvant être redistribués pour financer les priorités. Au final, le rapport à de quoi mettre un bon paquet de monde dans la rue: les buralistes, donc. Les taxis, les agriculteurs qui perdraient -pas tous- l'avantage d'une réduction de la taxe sur le gazole. Les Chambres de Commerce, le CNC, le Centre National du Cinéma, sont aussi dans le collimateur. Comme l'avantage fiscal accordé aux Livrets de Développement Durable. "Nous donnont au gouvernement, les arguments pour agir", disent les 3 auteurs. "A lui de se montrer, maintenant, courageux".

Dernière chance. Le nouveau Patron d'Alcatel-Lucent présente, aujourd'hui, son plan pour sauver l'entreprise. Elle est l'exemple -extrême- d'une fusion ratée. Alcatel et Lucent ont fusionné, en 2006. Depuis le groupe a perdu presque 5 milliards d'euros, et supprimé des milliers et des milliers d'emplois. Ce matin, Michel Combes, qui a pris les rênes de l'entreprise il y a 2 mois et demi, présente son "plan de redressement". Alcatel-Lucent va mettre fin à son modèle "généraliste". Se concentrer notamment le très haut débit, fixe ou mobile. Conséquence: des activités vont disparaître ou être vendues, mais Michel Combes, aujourd'hui, ne devrait pas annoncer de nouvelles suppressions d'emplois.

Signature. Aux Etats-Unis, c'était presque devenue une affaire d'Etat: la signature du nouveau secrétaire au Trésor, Jack Lew. C'est, c'était une succession de boucles illisibles, et certains s'inquiétaient qu'elle "dénature" les billets de banques, les dollars sur lesquels elle doit être apposée. Hier, Jack Lew a révélé, sur Twitter, où la polémique a fait rage, sa nouvelle signature: elle est toujours très arrondie mais un peu plus lisible.

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