C’est mardi soir que la DRH de la SNCF a réunit ce qu’on appelle les "éléments de paie" de ses salariés, pour établir les bulletins du mois de juin. Depuis 2010, l’entreprise ne fait plus plus de crédit des jours de grève. Aucun étalement n'est proposé, ni reprise de RTT. La grève se paie cash. Pour les cheminots, en grève depuis le premier jour, ce sera, donc, 7 jours de paie en moins, en juin. Et les pertes se poursuivront, sur la fiche de juillet. La Direction de la SNCF en convient: quand un mouvement coûte autant, ce sont les plus motivés qui persistent. Et si les grévistes sont de moins en moins nombreux, ce qui restent sont, donc, les plus déterminés. Et ce sont eux qui décideront quand cette grève prendra fin: aujourd’hui, demain. Plus tard... Résumons toute cette histoire. Depuis 18 mois, le gouvernement prépare, y compris en consultant les syndicats, la réforme du secteur ferroviaire français. C'est elle qui depuis mardi est examinée à l'Assemble nationale. L’ouverture à la concurrence reste la perspective, mais l’entreprise, séparée en 2 depuis presque 20 ans, est réunifiée. Réunifiée, ou presque, c’est-à-dire aussi loin que l’Europe le permet: on a inventé un montage de 3 établissements publics imbriqués. La CGT n’approuve pas mais négocie. Le maintien du statut des cheminots par exemple. Pour la satisfaire, il est prévu que lors du débat parlementaire, des amendements, notamment portés par les élus communistes, seraient votés, en son sens. Mais la grève, reconductible et reconduite, est venue perturber ce beau schéma. A la surprise de tous ceux qui travaillaient sur le dossier, une alliance Sud Rail/CGT s'est créée, sur une ligne dure. A l’Assemblée, le rapporteur socialiste du texte, ne comprend pas ce revirement. A la SNCF, on le met sur le compte des élections européennes, qui ont convaincu les plus radicaux des cheminots cégétistes que seule la lutte, sur le terrain, donne des résultats. A la CGT, on explique que c’est le gouvernement en renonçant à certaines de ses promesses, il y a quelques semaines, qui a créé cette situation de blocage. Pour s'en sortir, le processus prévu de longue date a, donc, été accéléré. Cette nuit, à l'Assemblée, des amendements communistes, à même de calmer les troupes, ont été adoptés. Mais, l'histoire s'est peut-être jouée dès mardi. Une première fois par Manuel Valls, une autre par le député PS, Olivier Faure, une concession supplémentaire a été suggérée publiquement: le traitement de la question de la dette de la SNCF. En coulisse, on évoque l'idée que l'Etat pourrait en reprendre une partie. On parle de 10/11 milliards d'euros. Le projet pourrait prendre forme, à l'occasion de l'examen de cette réforme ferroviaire, au Sénat.

Cadeaux. 250 mille personnes supplémentaires vont être exonérées de Taxe d'habitation, cet automne. Le secrétaire d'Etat au budget, le confirme, ce matin, dans une interview accordée aux Echos. Il s'agit, en fait, de prolonger automatiquement d'un an, les exonérations accordées Taxe d'habitation, mais aussi de redevance audiovisuelle. Concrêtement, ceux qui n'ont pas eu à les payer l'année dernière, y échapperaont encore cet automne. Même si leurs revenus ont augmenté.Christian Eckert, dans ce même entretien, se dit également prêt à revenir sur le gel, prévu, des aides au logement. A condition, ajoute-t-il quand même, de compenser financièrement la mesure.

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