C'est la nouvelle règle que vient d'imposer, à la surprise générale cette nuit, le gouvernement allemand, aux opérateurs de marchés. Aux "spéculateurs", si vous préférez, sur les marchés financiers. Et précisément, c'est cette décision qui fait rechuter l'euro. Concrêtement, l'Allemagne vient d'interdire ce qu'on appelle les ventes à découvert "à nu". C'est un moyen de spéculer, extrêment efficace. Les "ventes à découvert à nu" avaient été pointées du doigt au pire moment de la crise financière, fin 2008. Les ventes à découvert, ça consiste à emprunter, à quelqu'un, des titres ou des produits financiers. A les vendre immédiatement, en espérant que leur prix vont baisser. Pour les racheter, ensuite, moins chers, avant de les rendre à leurs propriétaires. Au passage: on empoche la plus-value! C'est une façon de s'assurer contre un risque de baisse: ça peut être utile, mais ça devient risqué -spéculatif!- quand on pratique la "vente à découvert à nu". Le principe reste le même, sauf que là, on vend des titres qu'on même pas, initialement, empruntés (en achetant et en vendant "à terme"): c'est encore plus lucratif. Mais très dangereux parce que, basé sur rien du tout, le marché concerné peut gonfler de manière exponentielle, et se tranformer en une arme terrible de spéculation à la baisse. Contre la dette souveraine de la Grèce, par exemple. Le gouvernement allemand vient, donc, d'interdire cette pratique. Depuis 0 heure, cette nuit, et jusqu'au 31 mars 2011. Cette interdiction concerne les titres des 10 plus importantes institutions financières du pays: l'assureur Allianz, par exemple. La Deusche Bank, encore. L'interdiction vise, également, les emprunts d'Etat de la zone euro et les CDS (ces fameux contrats d'assurance) qui y sont adossés. L'objectif affiché, c'est donc de mettre fin à la spéculation. A Berlin, on explique que des mouvements massifs de ventes à découvert auraient pu "mettre en péril la stabilité du système financier". Ailleurs en Europe, on n'apprécie pas beaucoup cette initiative des Allemands. D'abord, on se dit qu'elle aura un effet limité: ce que les spéculateurs ne pourront plus faire en Allemagne, ils iront le faire ailleurs. Ensuite, on estime que cette interdiction fait courrir le risque d'un assèchement du marché de la dette publique dans la zone euro, et ce n'est pas vraiment le moment. D'où la baisse de l'euro, cette nuit. Enfin, ça ne plait pas (notamment à Paris) parce que c'est une décision que le gouvernement allemand a prise sans concertation, sans avertir, semble-t-il, ses partenaires. Une nouvelle preuve de son "cavalier seul" en Europe. On commence avec cette alerte sur notre pouvoir d'achat! Des salaires qui stagnent, en pleine crise, alors que l'inflation revient, c'est mécanique: nous perdons du pouvoir d'achat. C'est ce qui ressort des dernières statistiques de l'INSEE. Publiées hier. Le Salaire Mensuel de Base, en France (qui ne comprend ni les primes, ni les heures supplémentaires) n'a progressé que 0,7%, au cours des 3 premiers mois de cette année. Moins que l'inflation sur la même période (+0,8%). Cette situation, évidemment, va "plomber" la consommation des ménages, dans les prochains mois. Et donc, la croissance. 110 milliards d'euros. Ce sera, finalement, le montant de la contribution française au Plan de sauvetage de l'euro. C'est un peu pluss que prévu. Le gouvernement présente, cette contribution, en Conseil des ministres, aujourd'hui. Alors même que rien n'est finalisé à Bruxelles, sur les modalités globales du Plan. Ca bloque! Les ministres de l'eurogroupe doivent se revoir vendredi. L'euro toujours en baisse. La monnaie européenne, en Asie ce matin, se rapproche d'1 dollar 21.

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