Pour succéder à Dominique Strauss-Khan, depuis quelques jours, un nom revient avec insistance. En Europe. Christine Lagarde a clairement la cote auprès de ses pairs, les ministres européens des Finances. Hier, son collègue suédois n'a pas caché que, pour lui, c'est "la meilleure candidate possible". A Bruxelles, lundi et mardi, lors des réunions de l'eurogroupe, puis de l'Ecofin, d'autres responsables européens ont jugé l'hypothèse Lagarde tout a fait intéressante. Alors évidemment, l'entourage de la ministre française jure qu'elle n'y pense pas, qu'elle ne travaille pas à cette candidature. "Elle ne s'occupe que de ses dossiers", fait savoir sa communication, "le G8, le G20, le redressement économique de la France" mais on imagine qu'elle doit y penser un peu quand même. Et que d'autres s'en chargent également. Et évaluent ses chances. Avant le "scandale DSK" mais dans la perspective de sa démission du FMI pour se lancer dans la Présidentielle, le nom de Christine Lagarde, déjà, était évoqué. Mais, on disait alors l'Elysée sceptique. "Une Française succédant à un Français", c'était jugé "trop difficile" à obtenir. Mais les circonstances du départ de Dominique Strauss-Khan, si elles n'honorent pas la France, précipitent la décision à prendre, et le soutien des Européens aidant, sans doute qu'on se dit-on maintenant, en haut-lieu, que le "coup" mérite d'être tenté. L'un des atouts de Christine Lagarde, qui lui vaut quelques faux pas ici, en France, c'est d'être la plus anglo-saxone des ministes européens. Elle a, donc, le mérite de plaire aux Américains. Qui pourraient, sinon se rallier au moins ne pas s'opposer à sa candidature. Rien n'est mois sûr. On le voit: il y a beaucoup de "si", beaucoup de "conditionnels" dans tout ça. Il y aussi un obstable, un vrai, pour Christine Lagarde: c'est l'affaire Tapie. La ministre est menacée d'un renvoi devant la Cour de Justice de la République. Son dossier est en cours d'examen: un renvoi mettrait, certainement, fin à ses ambitions au FMI. Hier soir en tout cas, ses chances étaient jugées "faibles" chez un bookmaker britannique (les paris sont ouverts). Elle arrive 10ème sur 14. Démission. Dominique Strauss-Khan a démissionné, cette nuit, de son poste de Directeur général du FMI. C'est le Fonds Monétaire International qui, par un communiqué, a fait connaître la décision de son Directeur général. Cette démission permet au FMI d'enclencher, officiellement, le processus de succession. Mais elle s'annonce compliquée: les candidats ne manquent pas alors qu'Européens et pays émergents revendiquent le poste. Pour éviter le blocage, les Américains, hier, ont avancé des solutions de compromis. La première verrait John Lipsky, qui assure l'intérim depuis l'arrestation de DSK, rester. Et finir le mandat du Français. Une variante consisterait à nommer un Européen "de transition". C'est lui qui finirait le mandat de DSK, qui court jusqu'en novembre 2012. Le délai permettant aux pays membres de FMI, de s'entendre sur un nom.

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