L'Histoire est belle, le "story telling" parfait. Hier, Michel Sapin ne s'en est pas privé: le geste fiscal en faveur des ménages modestes -passé, en 5 jours de 650 mille bénéficaires à 3 millions, sera, a-t-il déclaré, "payé par ceux qui avaient caché de l'argent en Suisse". Les fraudeurs repentis au secours des smicards, autrement dit. Selon les calculs du ministre, le milliard d'euros nécessaire pour financer la déduction fiscale de 350 euros, dévoilée vendredi, ce milliard d'euros, qui, il y a quelques jours à peine, semblait impossible à trouver, ce milliard d'euros sera puisé dans la cagnotte inattendue constituée par les régularisations fiscales, plus fortes que prévue. L'opération a été lancée (on s'en souvient) à la fin de l'année dernière: de nouvelles instructions fiscales, doublées d'une lutte accrue contre les paradis fiscaux. "Ca marche du feu de Dieu" selon le ministre. 23 mille dossiers de régularisation déposés. Et là où le gouvernement avait prévu de récolter 800 millions d'euros, cette année, plus de 760 millions ont, en 4 mois, déjà été encaissés. A ce rythme, Bercy s'attend à gagner 1 milliard de plus que prévu. Le voilà le milliard! Selon Michel Sapin, c'est sa découverte, son estimation, cette semaine, qui a fini de convaincre le Président de la République et le Premier ministre de faire plus que prévu, en faveur des ménages modestes."Rien à voir" avec les mauvais chiffres de la croissance et de la consommation. "Rien à voir avec les élections européennes" affirme, donc, Michel Sapin. Et si tout a été décidé très vite, c'est qu'il faut du temps pour adapter le système informatique du ministère de Finances. Les premières feuilles d'impôts sont imprimées dès le mois de juin, et avant cela, il faut mener une série d'essais techniques. Bref, il fallait, comme l'a dit le ministre, fixer la mesure avant le 15 mai pour mener à bien l'opération. Manuel Valls et François Hollande ont tranché, mercredi en fin de journée: en fixant le niveau du curseur, et surtout en choisissant -ce qui a beaucoup rassuré dans la majorité- une mesure simple. Pas de nouveau calage du revenu de référence, pas une nouvelle bidouille sur la décôté (personne n'y comprend rien), mais une réduction d'impôt, claire et nette. Mais qu'il va falloir quand même expliquer et réexpliquer.Elle s'appliquera bien, dès cet automne, et sera reconduite en 2015 et les années suivantes, a promis Michel Sapin. Pour cette année, elle sera définitivement adoptée, fin juillet, au Parlement. Mais elle est donc, d'ores et déjà, techniquement lancée.

Bientôt. Siemens pourait déposer, dès cette semaine, une offre formelle pour racheter Alstom. Personne n'a confirmé, à ce stade, cette information de Reuters. Personne ne l'a démentie non plus. L'Agence de presse affirme que Siemens a travaillé à toute vitesse pour rattraper son retard sur l'Américain General Electric, qui le 2 juin prochain (une grosse dizaine de jours) entrera en négociation exclusive avec Alstom. De son côté, Siemens proposerait un échange d'actifs pour créer, côté allemand, un géant de l'énergie, et, côté français, un groupe Alstom recentré sur les transports. "Tout restera en Europe": voilà l'argument. Siemens apporterait l'ensemble de ses activités ferroviaires, dans ce donnant-donnant. Serait prêt, aussi, à partager son activité "signalisation". Dans ce schéma, l'Etat français prendrait une participation dans le nouvel "Alstom". 10%, peut-être, selon Reuters.

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