C'est le signe évident d'une situation qui se tend: les interlocuteurs habituels ne décrochent plus leur téléphone. Ne répondent plus aux sms. Les rares qui parlent réclament de ne surtout pas être cités. Depuis quelques jours, l'ambiance s'est sérieusement dégradée au sein du patronat français. Dans la presse spécialisée, on parle de "hache de guerre déterrée", de "couteaux tirés". "Oh la la", lâche l'un des acteurs de cette histoire (il restera, donc, anonyme): "il faut se calmer, garder la mesure". L'affaire n'est pas mince, pourtant. En tout cas pour ce milieu-là. Elle met en scène les 3 grandes organisations patronales de ce pays: la CGPME d'une part et, de l'autre, le Medef et l'UIMM, la fédération des patrons de la métallurgie. 2 coups de semonce ont été tirés, la semaine dernière. A chaque fois, dans les Echos. Mardi, c'est Laurence Parisot qui déclare, au détour d'une interview consacrée à critiquer le programme de François Hollande, "qu'il est temps que le Medef et la CGPME se rapprochent". La "base y aspire" dit la présidente du Medef. Le lendemain, c'est un article, bien informé, qui annonce que l'UIMM s'apprête à "lâcher la CGPME". Ce qu'elle fera, effectivement, le lendemain en coupant le versement de ses cotisations. 150 mille euros, par an. A la CGPME, personne n'a été prévenu de ses initiatives. Et jusqu'à, hier soir, personne n'avait reçu un coup de fil d'explications. On traduit, du coup, ses "tirs croisés" facilement: "c'est une attaque concertée contre nous", dit l'un des dirigeants de la CGPME, "une "OPA hostile". En cause, les propositions de la CGPME sur la représentativité patronale. Elle suggère, pour mesurer l'audience de chaque organisation, d'agir comme on l'a fait pour les syndicats: en procédant par une élection. La CGPME, sûre de sa côte auprès des patrons, est persuadée qu'elle en sortira renforcée. Le Medef, l'UIMM, sans doute, moins. Les 2 grandes organsiations rejettent, en tout cas, le principe. Elle veulent qu'on reste avec un système basé sur l'adhésion. Plusieurs mois de débats entre eux n'ont pas permis de trancher et la querelle de fond vient, donc, de virer à la guéguerre. Avec attaque directe au porte-monnaie. A la CGPME, on traduit ces attaques ainsi: "le Medef et l'UIMM parient, aujourd'hui, sur une victoire de la Gauche aux élections. Donc, ils savent que cette question de la représentativité des organisations patronales va revenir sur le devant de la scène. Et pas forcément à leur avantage. Alors, avant qu'il ne soit trop tard, ils tentent, de nous faire taire".

La France des propriétaires. Nicolas Sarkozy veut réduire fortement les "droits de mutation". Le Président-candidat propose même de les "diviser par 2". Les Droits de mutation, ce sont ces taxes que paie l'acheteur d'un logement, au moment de la transaction. Les notaires les encaissent pour le compte de l'Etat et des collectivités locales. Nicolas Sarkozy les trouve "trop élevés". Et donne un exemple d'une ville de gauche: "pensez, dit-il, que l'année dernière, la Mairie de Paris a touché 1 milliard d'euros de droits de mutation".L'Europe des rigoureux. L'aveu de Jean-Claude Juncker, chef de files des ministres des finances de la zone euro. Aveu à propos de la Grèce. "En aidant Athènes, nous avons trop insisté sur l'assainissement des finances publiques et pas assez sur la croissance" dit-t-il. "Et nous n'avons pas laissé le choix aux Grecs".

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