Quand Pierre Moscovici a décroché son téléphone, hier soir, le ministre de l'Economie était en train de copieusement "s'engueuler" (il n'y a pas d'autre mot) avec quelqu'un. Pour dire la vérité, j'ai d'abord pris ça pour moi... avant de comprendre que le ministre s'adressait à un autre, un inconnu, qui, semble-t-il, venait de lui "sauter dessus" dans un train roulant vers Paris. Impossible de savoir pourquoi. Peu importe, Pierre Moscovici a vite retrouvé son flegme habituel pour donner sa version du dossier "chypriote". "Non", dit-il... l'eurogroupe, la réunion des ministre de l'Economie et des Finances qui a conçu et validé ce plan de sauvetage de l'île, en fin de semaine dernière... "non, l'eurogroupe n'a pas commis d'erreur", affirme Pierre Moscovici qui ne croit pas que l'Europe, la zone euro, puisse souffrir de cette décision. Elle a surpris, évidemment: taxer les dépôts bancaires, c'est une "première" dans cette crise, où les responsables (Nicolas Sarkozy, en France) ont, au contraire, promis, et tout fait, pour protéger l'argent des épargnants. A défaut de celui des contribuables. Pour certains, c'est une faute, aujourd'hui d'imposer une telle mesure, même limitée à Chypre, parce qu'elle instille, partout ailleurs en Europe, un doute dans la tête des épargnants et des investisseurs. Cette décision "réveille le démon endormi de la volatilité (sur les marchés)" affirme, encore, un analyste ce matin. Pierre Moscovici, lui, n'y croit pas: "Chypre est, et restera un "cas particulier. Atypique, en raison de la présence de fonds russes à l'origine douteuse, ou en raison encore l'hypertrophie de son secteur bancaire. La journée à la bourse, hier (et ce matin, en Asie) lui donne raison d'ailleurs: il n'y a, finalement, pas eu de panique. Quant à l'idée de taxer tous les dépôts bancaires, y compris ceux en dessous de 100 mille euros (mesure qui va être, finalement, abandonnée ou allégée) au sein de l'eurogroupe, plus personne ne l'assume vraiment. Pierre Moscovici affirme que "ce n'était pas la position de la France. "C'est le ministre chypriote qui y tenait" dit-il. Avec l'espoir (un peu vain) de ne pas stigmatiser les avoirs russes. Bref, de tenter de sauver ce qu'il pouvait de son paradis fiscal. Devant son insistance, "on l'a laissé finalement décider", dit Pierre Moscovici.

Diviser par 2. Le rapporteur socialiste du Budget de la Sécurité Sociale propose, ce matin, de diviser par 2 les allocations familiales accordées aux familles aisées. Et il fixe un seuil, surtout. Gérard Bapt dévoile ses propositions, ce matin dans les Echos. Elles vont dans le sens des dernières déclarations de la ministre, Marisol Touraine qui s'est dite, hier, opposée à l'idée de taxer de fiscaliser les aides aux familles. Pour faire des économies, Gérard Bapt rejette, lui aussi, cette solution, et propose, donc, de diviser par 2 les allocations versées aux plus aisés. Seraient visées, les couples, avec 2 enfants, gagnant plus de 53 mille euros par an. Ou les couples avec 3 enfants, déclarant plus de 61 mille euros annuels. Pour ces mêmes familles, le Socialiste Gérard Bapt propose, aussi, au gouvernement de supprimer le complément de mode de garde, à domicile ou chez une assistante maternelle.Libre. Les résultats d'Illiad, la maison mère de Free. Ils ont été publiés, il y a quelques minutes. Les bénéfices reculent de 26% en raison des investissements réalisés dans le mobile.

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