On pourrait aussi l'intituler, cette histoire: "le cartel du yaourt se rebiffe": ça sonne pas mal. Le "cartel des yaourts", c'est cette dizaine de fabricants de produits laitiers sanctionnés, la semaine dernière, par l'Autorité de la Concurrence. Une amende, qu'ils se partagent, de presque 193 millions d'euros. Très lourde amende. Après les endives, la farine, le porc, les produits d'hygiène, l'Autorité qui vieille au bon respect de la libre conccurence a frappé fort. Mais aujourd'hui, les entreprises sanctionnées montent au créneau: quasiment toutes ont décidé de faire appel. Et l'un des patrons prend la parole, ce matin, dans Les Echos, un cri d'alarme. Marc Senoble est le patron de l'entreprise familiale du même nom, Senoble. C'est l'une des plus lourdement sanctionnées pour s'être entendu avec ses concurrents sur le prix et les quantités de yaourts (de marque distributeur) vendus aux grandes enseignes de distribution. Un système qui a perduré de 2006 à 2012. Marc Senoble ne consteste pas la réalité de cette entente, comment pourrait-il faire autrement! L'enquête de l'Autorité de la Concurrence est implaquable, bien aidée par tous les éléments livrés par un repenti, Yoplait, l'un des leaders du secteur, qui, pour éviter d'être sanctionné, grâce à une procédure dite de "clémence", est allée tout balancer. L'enquête révèle, donc, une longue série de rencontres secrètes, dans des hôtels proche de la Gare Montparnasse, à Paris. Au café du "Chien qui fume", ou dans un appartement tout proche. Tout est consigné dans un petit carnet, versé au dossier, y compris les numéros de ces téléphones portables secrets, avec lesquels ces dirigeants d'entreprises, pourtant concurrentes, communiquaient. Sorte de "Paul Bismuth du yaourt". Les faits sont incontestables, donc mais c'est le niveau de la sanction que le patron de Senoble conteste aujourd'hui. "Mon chiffre d'affaires est de 230 millions d'euros, l'amende, elle, se monte à 46 millions" (...) "je ne les ai pas" (...), "je suis acculé à la faillite". D'autres santionnés tirent la même sonnette d'alarme. Du côté de l'Autorité de la Concurrence, on précise que la situation financière des entreprises a bien été prise en compte, des sanctions ont été réduites. Les procédures en appel trancheront. Mais pour le patron de Senoble, c'est bien la survie des PME du secteur du lait qui est en jeu.

Tic tac... La Grèce est, encore et toujours, au centre des préocupations. "Le temps est compté" a déclaré, hier, le ministre allemand des Finances -ça, on le savait!- mais Wolfgang Schäuble ajoute: "il va être de plus en plus difficile de trouver des solutions". Athènes s'approche dangereusement du défaut de paiement. Alexis Tsipras, le Premier ministre, a, finalement, obtenu de s'entretenir, ce soir, à Bruxelles, avec François Hollande, Angela Merkel et d'autres responsables européens pour trouver une solution "politique". Hier, conformément aux engagements de campagne de Syriza, le Parlement grec a adopté plusieurs aides d'urgence, la Banque Centrale Européenne, elle, a accordé une rallonge aux banques grecques. Son système de refinancement d'urgence a été porté à 70 milliards d'euros.

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