Il y a, d'abord, ce document "La vérité sur les concessions autoroutières", quelques pages que fait circuler l'Association des Sociétés Françaises d'Autoroutes. Il y a encore ce colloque, ce matin, organisé par Vinci, maison-mère des autoroutes ASF, Escota et Cofiroute, colloque sur "l'avenir des concessions". Et puis il y a, comme toujours, ces déjeuners, petits-déjeuner, rendez-vous avec les journalistes. Autant de ripostes aux différents rapports et avis, publiés ces derniers mois qui vont, tous, dans le même sens, dénoncent la "rente autoroutière", les tarifs trop élevés des péages, la collusion entre l'Etat et des groupes surpuissants, les conditions de la privatisation, ces contrats de concessions trop favorables et trop bien ficelés. Les dirigeants des sociétés autoroutières se gardent bien de critiquer, publiquement, les ministres, leurs déclarations sur les "superprofits", les profits "immoraux", ou les propositions de gratuité des autoroutes, le week-end. "On ne peut pas attaquer l'Etat "le législateur, notre concédant, notre régulateur et notre contrôleur". Même en off, ils ne se lâchent pas, préfèrent constester point par point, les critiques de la Cour des Comptes, de l'Autorité de la Concurrence ou du Think Tank Terra Nova: "tous ces rapports oublient un peu vite, disent-ils, le poids de la dette que nous portons (30 milliards que l'Etat n'a pas à sa charge). Ces rapports oublient les impôts et taxes que rapportent les autoroutes, et se focalisent sur les années (très) rentables des concessions, quand la moitié du contrat est passé à éponger les dettes, et financer les investissements. Mais, la vraie riposte des maisons-mères des autoroutes est bien plus large. Le colloque d'aujourd'hui, ses initiateurs le disent, souhaite élever le débat. Expliquer, par exemple, que les immenses besoins d'investissements de la planète (des milliers de milliards pour l'urbanisation, l'énergie, les infrastructures) ne trouveront leur financement, dans les prochaines années, que grâce au système des "concessions", le recours à l'argent privé. Un petit film, projeté tout à l'heure, montrera un ministre portugais ravi d'avoir retenu à cette formule (il n'y a pas de hasard, c'est avec Vinci) pour continuer à investir, dans son pays ravagé par la crise. Traduction: si l'avenir de leurs contrats autoroutiers français les inquiètent pas, les grands groupes concessionnaires montent au créneau, en revanche, pour défendre, le coeur de leur métier, le système des "partenariats public-privé". Il y a urgence, pensent-ils, les polémiques ont, clairement, écorné leur image.

Areva s'enfonce dans la crise. Le groupe nucléaire, le "géant français de l'atome", a, une nouvelle fois, lancé une alerte sur ses résultats, hier. Areva ne tiendra pas ses objectifs et suspend ses perspectives financières à moyen-terme. Depuis 2011, les comptes d'Areva sont dans rouge. Areva n'a pas vendu de nouvelle centrale depuis 2007, les chantiers des EPR, finlandais et français s'enlisent, le marché mondial du nucléaire ne reprend pas. L'Etat français va devoir, sans doute, soutenir financièrement l'entreprise.

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