Ce n'est pas tous les jours qu'on peut célébrer une victoire sur la spéculation. Une bataille de gagnée, pas la guerre, mais une victoire quand même. On la doit à l'Europe et à cet Accord sans précédent conclu, hier. Accord à 3: gouvernements, Commission et Parlement européen. Pascal Canfin, l'eurodéputé Vert (EELV) rapporteur du texte et ancien journaliste sait résumer la nouvelle: "c'est la première fois depuis 2008 et le début de cette crise que l'Europe interdit un produit financier". Un produit financier que le milliardaire américain Warren Buffet avait qualifié un jour "d'arme de destruction massive". Rien à voir avec l'Irak: celle-ci existe bel et bien! Les Irlandais, les Portugais, les Italiens, les Espagnols (aujourd'hui les Français) ont subi, ou subissent encore, ses méfaits. Au printemps 2010, les attaques spéculatives qui ont mis la Grèce à terre étaient portées par ce produit financier "destructeur". Il s'agit des CDS "à nu".Les CDS, c'est une assurance. Vous avez acheté de la dette souveraine (disons italienne), vous souhaitez vous couvrir contre le risque d'un défaut de paiement du pays, vous acheter, donc, des CDS, dont le prix varie en fonction du risque encouru. Jusque-là, on comprend sauf que le système a légèrement dérapé puisqu'aujourd'hui on peut aussi acheter des "CDS à nu", c'est-à-dire sans avoir de risque à couvrir. C'est comme si -l'exemple a été souvent donné- on s'assurait contre le risque d'indendie pour une maison qu'on ne possède pas! Grâce à ce système, on peut spéculer à la baisse. Pire: on peut provoquer cette baisse, puisqu'en achetant beaucoup de CDS, on fait monter les prix, donc le sentiment d'incertitude qui finit par faire chuter la valeur des obligations. Et ce sont les spéculateurs qui encaissent. C'est cette pratique que vient d'interdire l'Europe: les détenteurs de CDS, à l'avenir, vont devoir prouver qu'ils ont bien un risque à couvrir, c'est-à-dire des obligations d'Etats dans leur comptes. Voilà qui pourrait alléger, un peu, la pression des spéculateurs, sur les marchés. A noter dans cette histoire l'étrange attitude de la France: avec l'Allemagne, elle a été la première à demander qu'on agisse, mais, au cours de la négociation, bizzarement, elle n'a jamais soutenu l'idée d'interdir ces "CDS à nu". Elle s'est rallié à l'idée, quand tout était fait.

Décrochage. La France décroche de l'Allemagne sur les marchés. C'était une tendance depuis plusieurs jours et elle s'est accélérée, hier, avec l'avertissement de Moody's sur le triple A français: l'écart des taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne, le "spread", a atteint un niveau "jamais vu" depuis la création de l'euro: plus d'un point d'écart. Désormais, quand l'Allemagne peut s'endetter, sur 10 ans, à 2%, la France doit supporter un taux d'intérêt de plus de 3%.Décélération. L'emploi des cadres, en France. Selon l'APEC, qui gère les offres et les demandes, 2011 a été un "bon cru". Mais sans surprise, l'Association s'inquiète pour l'année prochaine: les intentions d'embauches des entreprises se réduisent assez nettement.

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