C'est dans la bibliothèque de l'Inspection Générale des Finances que le rendez-vous avait été donné. C'est une partie de Bercy que les quelques journalistes invités, hier matin pourtant des habitués des lieux, n'avaient encore jamais visité. Et pour cause: la discrétion, le secret même, c'est l'une des marques de fabrique des hôtes du jour: les Inspecteurs des Finances. Mais hier, précisément, c'est pour parler d'eux. Pour lever un coin du voile sur ce corps d'Etat, tant décrié et tant redout que les journalistes étaient conviés. Marie-Christine Lepetit, la Chef du Service de l'IGF, veut nous présenter un "pavé": le "Dictionnaire historique des inspecteurs des Finances". Presque mille 200 pages. Qui ne sont pas vouées à "faire un carton", en librairie, c'est sûr. Mais qui présentent un grand mérite pour qui n'est pas inspecteur des Finances, c'est-à-dire tout le monde sauf 400 personnes, en France aujourd'hui: celui de ne pas être qu'un annuaire, de ne pas être, non plus, un guide auto-promotionnel. Ce "pavé", c'est d'abord le résultat d'un travail confié à des historiens, en toute la liberté, dit-on. Alors, au final, ça ne donne pas, évidemment, un "brûlot" contre l'Inspection Générale des Finances (ça, une journaliste, Ghislaine Ottenheimer, s'en est chargé, il y a quelques années, dans un livre "Les Intouchables: grandeur et décadence d'une caste") mais dans ce Dictionnaire, les questions sensibles ne sont pas esquivées. Le recrutement, par exemple. Par concours (on le sait), avec ce résultat -page 1116-, la répartition géographique, par lieux de naissance des Inspecteurs. Paris est surreprésenté. Et dans Paris, les 7ème et 16ème arrondissements, les plus bourgeois de la capitale. Un chapitre évoque, aussi, "l'esprit de corps": "les inspecteurs des Finances ont la conscience d'être les meilleurs, nourrie par leur réussite à un concours difficile, puis par l'exercice du pouvoir, proche du Soleil". Fin de citation. Les Inspecteurs sous Vichy, puis l'Epuration sont évoqués. Le pantouflage aussi et surtout. Sans trancher cette question: les Inspecteurs qui ont, nombreux, quitté l'administration pour rejoindre la banque (on pense à Michel Pébereau, Daniel Bouton, Frédéric Oudéa...) ou l'industrie (Alain Gomez, Louis Schweitzer...) ont-ils accéléré la financiarisation de l'économie française, c'est-à-dire la soumisison de l'économie aux marchés? Ou ont-ils été recruté, parce que le mouvement était lancé? Beaucoup d'autres questions sont posées. Il y enfin un chapitre sur les Inspecteurs des Finances dans les médias et la Culture. On retrouve les noms de Jean-Marie Messier, Yves Sabouret, Alexandre Bompard, Alain Minc. Et celui de Catherine Sueur, promotion 2003. "Cas particulier", lit-on, elle est passée par le Louvre, le Monde mais, est-il écrit, "on ne sait si son attachement au secteur sera durable". Oups: depuis lundi, Catherine Sueur est la nouvelle Directrice générale de Radio France.

Raté. On commence avec le "grand raté" de Google, hier, à la bourse. En France, Google entame un bras de fer avec le gouvernement au sujet de la création d'une taxe (on en reparle dans 1 quart, dans le journal)... à Wall Street hier, c'est la panique que Google a semé. Son imprimeur a commis une bourde: il a publié, 3 heures en avance, c'est-à-dire en pleine séance de cotation, les résultats trimestriels du géant de l'internet. A la surprise, s'est ajouté la déception: ils sont moins que prévu. Le titre s'est effondré en quelques minutes: -10%. Environ 20 milliards de dollars de capitalisation boursière perdus.Corrigé. Le gouvernement a dévoilé, hier soir, ses amendements "pigeons", c'est-à-dire l'assouplissement de la taxation des plus-value de cession d'entreprise. Ces amendements seront examinés, cet après-midi, à l'Assemblée Nationale.

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