Je suis sûr que toute cette semaine, vous vous êtes demandé comment de grandes banques d'affaires, comment de très grandes compagnies d'assurances, parmi les premières au monde pouvaient, comme ça, en quelques jours (ou en quelques heures), perdre 70... 80, 90% de leur valeur en bourse. Il y a une première explication, évidente : c'est la panique. Ils n'ont plus confiance en rien, ni en personne : les investisseurs se retirent. Ils vendent avant que ce soit "pire", et de fait, ils participent à la débâcle. Il y a une part de panique, donc mais il y a aussi une part... de manipulation ! A New York, le procureur de l'Etat vient de lancer une enquête pour comprendre comment les titres de feu-Lehman Brothers, de Goldamn Sachs et de Morgan Stanley ont pu être ainsi "massacrés" en bourse. Ce Procureur est déjà sur une piste sérieuse : celle des "ventes à découvert". C'est pas facile à expliquer, mais grosso modo, ça consiste à emprunter une action d'une société à quelqu'un (en lui promettant une commission)... pour la revendre à quelqu'un d'autre en espérant qu'entre temps, le cours de cette action va baisser. En la rachetant ensuite (pour la rendre à son propriétaire) le spéculateur empoche une plus-value. C'est légal, mais les dérives sont nombreuses. La justice américaine soupçonne, par exemple, les grands Fonds spéculatifs qui jouent à ça, de distiller de mauvaises informations pour faire chuter le cours d'une action. Ceci expliquerait pourquoi Morgan Stanley a perdu presque 25% de sa valeur mercredi, alors qu'elle venait d'annoncer de très bons résultats. Les autorités qui surveillent les marchés ont, jusqu'à cette crise, laissé faire. Mais ça y est, elles semblent avoir pris enfin consience du problème. A Wall Street, depuis hier, ces "ventes à découvert" sont désormais très encadrées. A Londres, elles sont interdites sur les valeurs financières... jusqu'au 16 janvier prochain. Une lueur d'espoir ? George Bush a déclaré, hier, qu'il entendait faire tout ce qui est en son pouvoir pour ramener la stabilité sur les marchés. Ce n'était pas des paroles en l'air ! La FED, la Réserve Fédérale, et le Secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, seraient en train de préparer un vaste Plan de sauvetage du système financier. Concrètement, il s'agirait de créer une structure destinée à racheter tous les actifs "douteux", les actifs "pourris" des banques, histoire de redonner confiance aux acteurs, sur les marchés financier. Problème : ça va, sûrement, coûter très cher aux contribuables américains ! A ce stade, en tout cas, la rumeur d'une telle intervention rassure les marchés : Wall Street a clôturé en très forte hausse, et les bourses asiatiques, ce matin, sont toutes dans le vert. Alitalia, toute proche de la faillite. Le groupe d'investisseurs italiens a retiré, hier, son offre de reprise de la compagnie aérienne. Les syndicats de pilotes, opposés à ce Plan, ont explosé de joie à l'annonce de ce retrait : "mieux vaut la faillite que d'être entre les mains de ces bandits" disent-ils. Carrément.

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