Le rappel est cruel, mais il explique, sans doute, pourquoi Jean-Marc Ayrault essaie, en cette rentrée, de se montrer plus lucide que François Hollande sur le budget. Je veux parler du couac d'hier sur la "pause fiscale". En 2015, pour le Premier ministre. Dès 2014 pour le Président. Le rappel, c'est celui-ci: il y a un an, presque, jour pour jour, à la télévision, Jean-Marc Ayrault présentant son projet de budget pour 2013, avait fait cette promesse: "9 contribuables sur 10", avait-il dit, "ne seront pas concernés par les hausses d'impôts". On ne sait pas qui lui avait soufflé à l'époque cet argument (qui pouvait, alors, techniquement se défendre, si on parle comme les fonctionnaires de Bercy, "à revenus constants", "en ne prenant en compte que les mesures nouvelles") mais cet argument s'est avéré très vite "intenable". Et un an plus tard, totalement faux! Et il est électoralement dévastateur parce que ceux qui y ont cru (les plus modestes) se sentent légitiement floués. C'est le quotidien "L'Opinion" qui en apporte la preuve, ce matin. Cette année, selon le journal, plus d'un 1,2 millions de foyers français, qui jusqu'ici étaient épargnés, sont devenus imposables. L'estimation -non confirmée par Bercy- pourrait même grimper jusqu'à 1,6 millions. On comprend mieux maintenant l'ampleur du raz-le-bol fiscal... d'autant plus fort que quand on devient "imposable", on perd, du même coup, un certain nombre d'exonérations, comme la redevance télé ou la taxe d'habitation. Les raisons de ce phénomène fiscal sont connues. Il y a d'abord le gel du barême. En 2012, il avait déjà rendu imposables 940 mille foyers (là, ce sont les chiffres officiels de Bercy). Cette mesure, prise par le gouvernement Fillon, n'a pas été supprimée par la gauche, pour 2013 (malgré la promesse faite), mais, promis-juré, l'instauration d'une décôte pour les 2 premières tranches de l'impôt devait corriger ses effets pour les ménages modestes. Cette décote a-t-elle été mal calibrée par Bercy? Volontairement ou non? En tout cas, elle a échoué à contrer les ravages du gel du barême. La refiscalisation des heures supplémentaires, l'abaissement du quotient familial... ces 2 autres mesures, également ont fait du mal. Et une autre encore: la supression de la demi-part fiscale pour les veufs, et surtout les veuves. Une mesure là encore, prise sous Nicolas Sarkozy, mais que la gauche n'a pas supprimée.

Envol. Wall Street s'est envolé, hier soir, grâce à la Réserve fédérale. La FED, qui a surpris tout le monde hier: la banque centrale américaine, contrairement à toutes les prévisions et toutes les anticipations, n'a finalement pas modifié sa politique de soutien massif à l'économie américaine. Politique monétaire ultra-accomodante... La FED, en fait, a décidé "d'attendre davantage de preuves de la reprise économique" pour agir. Elle va, donc, continuer à faire tourner la planche à billets (85 milliards de dollars injectés, chaque mois), des taux d'intérêts à zéro. Wall Street a pris cette décision pour une très bonne nouvelle et ses indices... le Dow Jones, le SP500, le Nasdaq... ont battu des records.Au sol. Après les emplois d'avenir hier, le bilan des "contrats de génération", l'autre mesure anti-chômage de Francois Hollande. Selon les Echos ce matin, loin des objectifs fixés, seulement 10 mille 600 contrats de genre ont été signés en 6 mois.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.