C'est bizarre, mais c'est comme ça : on s'absente une semaine, et quand on revient, on a l'impression que quelque chose a bougé. A changé. Il s'agit de la crise, évidemment, et du sentiment diffus que "le pire est, désormais, peut-être, passé". Dans la presse économique, dans les journaux généralistes, c'est flagrant. "Et si on s'en sortait..." titre un hebdomadaire. "Les 10 raisons d'espérer" affirme un autre, qui dresse la liste de ce qu'il appelle les "premiers signaux de la reprise". Notamment, l'économie chinoise qui semble se redresser ; l'immobilier américain qui a cessé de chuter ; le transport maritime qui reprend ; les pays émergents redevenus optimistes. Conclusion : après avoir longtemps tatônné, on aurait touché le fond, le fond de la piscine. Et on commence, du coup, notre remontée. Une remontée qui sera "lente et fragile": ce sont les termes d'une étude sur l'économie britannique qui est, publiée, ce matin. Et qui affirme, elle aussi (et décidément!) que "le pire de la récession est passé". Alors tous les arguments, avancés pour évoquer ce début des prémisses des prolégomènes de la reprise économique ne se valent pas tous. Loin de là. Certains relèvent même carrément de la "méthode Coué": depuis le G20 de Londres, nous sommes priés de croire que ça va aller mieux. Nous sommes priés de regarder l'autre partie du verre "aux trois-quarts vide" puisque tout est affaire de "confiance" en économie. Sauf que la réalité est évidemment plus complexe. Les plus optimistes en conviennent, notamment en constatant que le chômage, lui, ne négocie, pour le moment, aucun virage. Barack Obama, la semaine dernière, parlait de "lueurs d'espoir" après les bons résultats des banques américaines, il relativisait hier : les risques de voir la crise se prolonger demeurent "réels et importants" a-t-il dit. Même discours, au FMI qui voit bien quelques indicateurs bouger (dans le bon sens) mais qui s'apprête quand même à revoir, à la baisse une nouvelle fois, ses projections économiques mondiales. Déjà les plus "noires" disponibles actuellemment sur le marché ! Un accord a été trouvé, hier soir, chez Caterpillar. A Bercy, on parle d'un "protocole de sortie de conflit". Bercy, où syndicats et direction ont négocié pendant 9 heures hier. Le compromis trouvé confirme que le nombre de suppressions de postes est ramené à 600. Contre plus de 733 prévues initialement. La direction de Caterpillar s'engage également à assurer la pérennité de ses deux sites, en Isère. Enfin, elle renonce aux mesures disciplinaires contre certains salariés. Ce texte doit maintenant être soumis, par référendum, à tous les salariés, pour être validé. Chute vertigineuse. Les profits des plus grandes entreprises des Etats-Unis ont chuté de 85%, l'année dernière. C'est le magazine "Fortune" qui a fait le calcul. Ces 500 entreprises totalisent presque 100 milliards de dollars de bénéfices en 2008. Contre 645 milliards en 2007. Et 785, en 2006. Pour le journal, cette dégringolade -vertigineuse- c'est bien le signe de l'éclatement d'une bulle spéculative, et non le simple résultat d'un retournement conjoncturel.

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