C'est avec un plaisir un peu sadique que les députés de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, ont auditionné hier, pendant 2 heures, Christine Lagarde et son collègue du budget François Baroin. C'était une première, en fait. Pour la première fois, les Parlementaires sont, en effet, appelés à débattre du "programme de stabilité" que la France va envoyer à la Commission européenne. Jusqu'ici, ils découvraient après leur envoi à Bruxelles, les engagements du gouvernement en matière budgétaire. L'un des documents s'intitule, quand même: "Programme national de réforme de la France". Dit comme ça, ça mérite effectivement un débat... "Plaisir sadique" des députés , je disais... oui, parce que, de Gauche comme de Droite, ils n'ont pas ménagé, hier, les 2 ministres. Qui en retour -c'est vrai aussi- n'ont pas montré un enthousiasme débordant pour l'exercice. Aux réponses, parfois fuyantes des 2 ministres -et même à l'absence de réponse sur certains points précis (à propos du commerce extrérieur, par exemple), répondait l'humeur quelque peu potache des députés, leurs bavardages intempestifs, comme leurs coups de fil plus ou moins discrets. S'ajoutait la raideur toute calculée, du président de la Commission, le Socialiste Jérôme Cahuzac. Dans cette ambiance, Christine Lagarde a défendu les choix du gouvernement. François Baroin a redit les conditions pour redresser le déficit français (objectif: être sous les 3% en 2013), mais c'est Gilles Carrez qui a réveillé la séance. Le rapporteur UMP du budget qu'on a connu plus critique a demandé aux 2 ministres d'être moins modestes: "le gouvernement a fait un quasi sans-faute dans la gestion de la crise" a-t-il affirmé: "il faut le reconnaître, et le dire!". A gauche, Henri Emmanuelli s'étrangle bruyamment mais c'est l'un de ses collègues qui attaque: "l'autosatisfaction règne" lâche Pierre-Alain Muet, "pas de quoi pavoiser pourtant", dit-il, la dette a doublé en 10 ans de pouvoir de droite, rappelle-t-il. Avant d'insister sur un tableau, trouvé en annexe des documents founis par Bercy: celui du taux des prévèlèments obligatoires, en France. C'est écrit noir sur blanc: le gouvernement le voit augmenter cette année. Et l'année prochaine. En fait, jusqu'en 2014. "La hausse des impôts fait-elle partie du programme de Nicolas Sarkozy pour la Présidentielle?" demandent alors, ironiques, les Socialistes. Les ministres, évidemment, esquivent. "Il faut bien gérer les cicatrices de la crise", lâche finalement François Baroin. La "prime Sarkozy" pour les salariés n'inquiète pas vraiment le CAC 40. C'est un calcul qu'on peut trouver sur le site web de l'Expansion. "Ce que la prime va coûter au CAC 40". Résultat: 800 millions d'euros, au total! Soit 1% seulement de leurs bénéfices. Et encore, ce calcul a été effectué sur la base d'une prime de mille euros, qui (on l'a bien compris maintenant) ne sera pas obligatoire. Si le CAC 40 s'en sort si bien, c'est que seulement 24 groupes, sur les 40 qui le composent, voient, cette année, leurs dividendes augmenter. Le pétrolier Total échapperait, par exemple, au versement de cette prime dans l'état actuel des choses. Mais aussi France Telecom ou Vivendi. Grrrrrr. GDF Suez pas content du tout, après la décision hier du gouvernement de fixer à 42 euros le prix de revente de l'électricité "nucléaire" d'EDF. "Ce choix va pénaliser les clients français" affirme GDF Suez. Qui envisage, clairement, un recours en justice.

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Le calcul de l'Expansion.com

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