La France a 15% de "chance" de faire faillite, dans les 5 ans qui viennent. En théorie, c'est la probabilité qui ressortait, hier, des taux d'intérêt constatés sur le marché des CDS... vous savez ces instruments financiers qui couvrent les investisseurs du risque de faillite d'un pays: c'est une sorte "d'assurance" quand elle n'est pas détournée pour spéculer. En fait, ces 15% ne veulent rien dire du tout, tant ce marché des CDS est déconnecté de la réalité mais ils traduisent simplement la nouvelle "folle" journée, vécue hier sur les marchés financiers. Elle avait pourtant plutôt bien commencé: l'Espagne, en réussissant une opération de refinancement de sa dette, avait rassuré mais à la mi-journée, le CAC 40 s'est retourné. Est passé dans le rouge, à la faveur d'une rumeur annonçant la dégradation imminente de la note de la France. Ce n'est, pourtant, pas la première fois qu'une telle rumeur est lancée évidemment, mais, hier, elle a pris. Et les démentis de 2 agences de notation, et d'un responsable gouvernemental n'y ont rien fait. Un gestionnaire de portefeuille boursier explique: "personne ne croit à une dégradation si près de la Présidentielle mais le fait que le marché réagisse à cette rumeur, c'est la preuve que la fébrilité est revenue". Un grand banquier parisien confirme: "je ne pensais pas que l'effet de l'intervention de la Banque Centrale Européenne (c'est-à-dire les mille milliards d'euros prêtés aux banques et injectés dans le système pour calmer tout le monde) s'estomperait si vite" dit-il. "J'espérait une période de calme, au moins jusqu'à l'automne. Elle est déjà terminée". Hier, forcément, ce sont les entreprises qui détiennent beaucoup de dette française dans leurs comptes, qui ont pâti de toute cette histoire: banques et assurances. BNP Paribas, Société générale, Axa ont reculé de plus ou moins 5%. Le Crédit agricole touche son plus "bas" historique: 3, 66 euros, l'action. EDF touche le fond, également: le titre ne vaut plus que 15 euros. Contre 86, il y a 2 ans. Mais, là, cette dégringolade est, sans doute plus liée, aux questions sur l'avenir du secteur énergétique, soulevées pendant la campagne présidentielle.

+7%. Les entreprises francaises embauchent, à nouveau. C'est la bonne nouvelle de l'ACOSS, qui centralise les cotisations des employeurs pour le compte de l'URSSAF. Bref, c'est un très bon indicateur. Il nous dit, ce matin, que les embauches, en France, sont nettement reparties à la hausse, le mois dernier: +7%. Ca fait du bien, après 2 mois de forte baisse.-1,2 milliards. Pour l'Assurance-vie, en revanche, c'est la rechute: 1 milliard 200 millions d'euros de "décollecte", le mois dernier. Les Français semblent semble s'en détourner depuis plusieurs mois, privilégiant l'épargne de court terme, imméditament mobilisable.

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