Jeudi dernier, le Financial Times titrait, photo à l'appui, sur la "confetti attack", qui venait de viser le président de la Banque Centrale Européenne. Cette "attaque aux confettis" vous a, peut-être, échappé. Elle s'est produite, au cours de la conférence de presse traditionnelle de Mario Draghi, au siège de la BCE à Francfort. Une activiste "anti-austérité", qui avait réussi à passer les contrôles en se faisant passer pour une journaliste, s'est précipitée sur Mario Draghi, le recouvrant de confettis, et en criant "stop à la dictature de la BCE". Elle a été immédiatement dégagée par les agents de sécurité. "Les service de la BCE mènent une enquête. Mario Draghi n'a pas été blessé au cours de cet incident" précisait, plus tard, la Banque Centrale Européenne. On ne saura jamais s'il a avalé, ou pas, un petit confetti, au passage. A la BCE, en tout cas, cette histoire est un traumatisme de plus, s'ajoutant à la manifestation altermondialiste, mi-mars, qui avait déjà pris pour cible le nouveau siège de l'institution. Cette fois-là, des vitres avaient été brisées, et très sérieusement, à la BCE, certains disaient ne pas comprendre pourquoi, ils étaient ainsi pris pour cible. La BCE, dans leur bouche, n'aurait rien à voir avec l'austérité. Si elle est bien membre de la "troïka", honnie en Grèce, c'est à contre-coeur qu'elle y figure, et en tant que simple "conseiller technique"! La vérité est tout autre, évidemment. Dans la résolution des crises au Portugal, en Irlande, à Chypre, en Italie aussi, et donc en Grèce, la BCE a été et est un acteur majeur. Dans le cas grec, elle continue à agir. Ce week-end, depuis Washington, Mario Draghi a, comme tous les autres acteurs dossiers, répété son credo: Athènes doit mener les réformes qu'on lui réclame (marché du travail, privatisations, réduction de la dépense publique), doit présenter, enfin, un calendrier précis et crédible. C'est ce que tout le monde attend. La réponse à la crise grecque est "dans les mains du gouvernement grec" a dit encore le président de la BCE. Mais, sur les marchés, dans la bouche de quelques grands patrons, le défaut de la Grèce devient une hypothèse qui, ne fait plus aussi peur qu'il y a 2 ou 3 ans. On commence à penser que l'économie européenne et l'économie mondiale peuvent surmonter un tel choc, qu'il serait même salutaire, parce qu'il clarifirait la situation, au sein de la zone euro. De la Grèce, en revanche, il ne resterait que des confettis.

Pas fini. L'EPR de Flamanville "n'est pas condamné". C'est, en tout cas, ce qu'affirme Ségolène Royal, après la découverte d'une "anomalie" jugée "très sérieuse" dans la cuve du réacteur nucléaire, actuellement en construction. La ministre de l'Ecologie tente de retourner la situation, d'ailleurs: "les Français devraient être rassurés", dit-elle, parce que l'Autorité de Sureté Nucléaire "dit les choses", en toute transparence. De son côté, dans un communiqué, publié hier soir, EDF affirme qu'avec Areva, elle met tout en oeuvre pour prouver que leur EPR répond aux nouvelles exigences réglementaires. EDF précise que "dans l'état actuel, le chantier de l'EPR de Flamanville... se poursuit!"

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