Vous avez aimé la polémique, l'année dernière, sur l'envolée des prix des produits alimentaires, en pleine flambée des cours mondiaux des matières premières, vous allez adorer la polémique de ce début 2009 sur le prix du lait, des fruits et légumes et de la viande: pourquoi ne baissent-ils pas alors que depuis 7 mois au moins, la hausse vertigineuse des prix du blé, du maïs et du porc a pris fin. Les cours sont en net repli ou se sont même carrément effondrés. Alors, comme l'année dernière, distributeurs et producteurs se renvoient la responsabilité de cette situation alors qu'ils terminent, en ce moment même, leurs négociations qui fixeront les prix en rayon, des 12 prochains mois. Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation, semble avoir tranché, lui. Hier, il visitait un supemarché, et a mis en cause, directement, certains fournisseurs qui rechignent, selon lui, à baisser le prix de leurs marchandises, livrées aux grands magasins: il les convoque la semaine prochaine, à Bercy. Les associations de consommateurs sont, sans doute, moins catégoriques que le ministre. Qui abuse? Elles penchent plutôt pour dénoncer, elles, les grandes enseignes de distribution, les Leclerc, Auchan et autres Carrefour. Les hard-discount, non plus, ne sont épargnés! Pas facile d'y voir clair, parce chaque produit répond à sa propre logique, dans la formation de son prix, mais pour la viande de porc, par exemple, UFC-Que choisir est formel: les grands magasins s'en mettent plein les poches. L'association s'appui sur un récent rapport gouvernemental qui parlait de marge de 26% sur le porc! Elle s'appuie, également, sur des chiffres publics. De l'INSEE notamment. Depuis 8 ans, le prix du porc a beaucoup varié, les tarifs à la sortie d'abattoir ont suivi normalement, ceux des grossites aussi. En revanche en rayon, ils ont explosé! Conclusion de l'organisation: le prix de la viande de porc (qu'on nous sert en rayon) est, aujourd'hui totalement déconnecté du prix agricole! C'est ce qui explique, la grogne actuelle des éleveurs de porc et le mécontentement des consommateurs. C'est normal: ce sont les 2 victimes de ce système particulièrement opaque. Le Livret A cartonne! Depuis le début de l'année, et la fin du monopole des Caisses d'Epargne et de la Banque postale, plus de 5 millions de Livret A (nouveaux) ont été ouverts, en France. Après 2008, qui était déjà une année "record", ce sont 14 millards d'euros qui ont, ainsi, été collectés par les banques commerciales. A ce jeu, c'est le Crédit agricole qui a frappé le plus fort, avec 2,6 millions de Livrets ouverts. Un peu plus d'un million, chacune, pour BNP Paribas et la Société générale. Le problème, c'est que dans le même temps, les fermetures de livrets (chez les distributeurs historiques) sont rares. Ca peut vouloir dire que beaucoup de clients possèdent, désormais, plusieurs Livret A, dans différentes banques. Ce qui est interdit par la Loi! Le secret bancaire suisse mis à mal par la justice américaine. Un juge réclame à la banque UBS les noms de 52 mille contribuables américains, soupçonnés d'évasion fiscale, pour un total, tout de même, de 15 milliards de dollars! Affaiblie par la crise, et sous la menace d'importantes amendes, UBS vient déjà d'accepter de livrer l'identité de 250 à 300 clients américains, écornant, du coup, le sacro-saint secret bancaire suisse. A Zurich, on commence à parler d'un véritable "tremblement de terre".

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