C'est une réforme "utile". Avec de "bonnes choses" dedans, de "bonnes idées". Ce n'est pas Pierre Moscovici qui parle ainsi de la réforme bancaire, adoptée, hier, à l'Assemblée.. mais c'est un banquier, le patron de BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne), François Pérol. Ces collègues de la BNP, de la Générale sont "vent debout" contre cette réforme, surtout depuis sa réécriture par les députés. Lui, François Pérol, à part le volet sur les frais bancaires se dit plutôt satisfait. C'est surprenant, et après une petite enquête, voici pourquoi. Tout se passe autour de l'article 14. Peu commenté, il accorde un pouvoir nouveau à l'ACP, l'Autorité de Controle du secteur financier. Il s'agit d'un quasi-droit de veto sur les nominations de tous les dirigeants des banques françaises et de tous les membres de leur Conseil d'administration. Une petite révolution. Le surperviseur des banques contrôlera, désormais, "leur compétence, leur honorabilité et leur expérience", et pourra, donc, récuser des candidatures. Pour Bercy, c'est une leçon tirée de la crise financière: la défaillance des patrons de banque et des Conseils d'administration de ces mêmes banques a parfois été à l'origine de faillites retentissantes. Un dirigeant de banque doit être assez "solide" pour refuser de fermer les yeux sur certaines pratiques ou sur l'embalement de ses salles de marchés. Un Conseil d'administration doit, lui, être assez sérieux, assez puissant pour dire "stop" aux dérives. Voilà le principe. Et voilà l'esprit de cet article 14 de la réforme bancaire... qui a beaucoup mobilisé les banquiers. Des "coup de fils très nombreux" confirme un député, y compris, et même surtout de la part des banques mutualistes: Crédit Agriciole, Crédit Mutuel, Banques Populaires et Caisses d'Epargne. Ca a payé: elles ont obtenu, au final, un allégement de la procédure pour elles mais François Pérol, lui, a joué une autre carte. En poussant un amendement en Commission des Finances, il a obtenu de garder, au sein de sa banque, un droit de regard sur les nominations dans les caisses régionales de ses banques, une manière de renforcer son pouvoir, et de se donner, peut-être, les moyens d'écraser certains "barons" au sein de son groupe, qui lui font des misères. Pour un proche du dossier, c'est cet obejctif très personnel de François Pérol qui explique pourquoi il est le seul banquier français a trouver cette réforme "plutôt bonne".

10 par mois. On commence avec cette info, qui éclaire un peu le phénomène de l'exil fiscal: chaque mois, au moins 10 contribuables fortunés quittent la France! C'est ce qu'on peut déduire des derniers chiffres publiés, concernant "l'exit tax", mise en place en 2011. Ce dispositif oblige les ménages fortunés à se signaler auprès de l'administration lorsqu'ils partent s'installer à l'étranger. Bercy a donc pu faire les comptes: depuis mars 2011, 250 contribuables, au total, sont partis. Soit 10 par mois. Les patrimoines exilés sont importants, mais (surprise avec tout ce qu'on entend en ce moment), il n'y a eu aucune accélération des départs entre 2011 et 2012! Les chiffres de l'exit tax ne recouvrent, cela dit, qu'une partie, seulement, du phénomène d'exil fiscal.Pertes. Les pertes record du Crédit Agricole: 6 milliards et demi d'euros, annoncés ce matin, pour 2012. La banque paie, notamment, son désengagement de Grèce.En recul. Bénéfices divisés par presque 5 pour France Telecom, à 820 millions d'euros.

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