Il faut bien revenir sur les très sombres prévisions économiques révélées, hier, par la Commission européenne. Bruxelles annonce, ni plus, ni moins, pour cette année, la pire récession en Europe depuis la seconde guerre mondiale et même les années 30 : un recul de la production de 1,8%, des déficits qui explosent et 3 millions et demi de chômeurs supplémentaires sur le continent ! Le moins que l'on puisse dire, c'est que la Commission a décidé de frapper les esprits : ses prévisions sont les plus pessimistes, "disponibles, actuellement, sur le marché" si on peut dire. Pires que celles du FMI, de la Banque Centrale Européenne, de l'OCDE, pires que celles de beaucoup d'instituts de conjoncture. Commentaire d'un économiste hier : "ce qu'on peut dire de toutes ces prévisions, c'est qu'elles sont toutes fausses !" Personne n'en sait rien, en fait, de quoi 2009 sera fait : on navigue à vue. A tous les niveaux d'ailleurs. Ce matin, Christian Streiff, le patron de PSA Peugeot Citroën le dit lui-même (dans une interview au "Figaro"): "Aujourd'hui, nous faisons des prévisions à 3 mois, et ça paraît déjà long !" Même chose, donc, pour les conjoncturistes devenus subitement très humbles. Ils sont, cela dit, tous sûrs d'une seule chose : la situation économique s'est considérablement dégradée entre la période qui précédait les fêtes de fin d'année, et aujourd'hui. Avant Noël, la crise paraissait encore un peu "abstraite", c'était "l'homme qui a vu l'homme qui a vu la crise". Mais voilà, depuis, 2 types d'indicateurs ont virés au rouge "écarlate". D'abord, la production industrielle - elle est en chute libre. Partout, en France, comme ailleurs. Ensuite, le chômage - il explose là aussi partout avec une vigueur jamais constatée auparavant. Les entreprises ont anticipé rapidemment la crise : première explication. Beaucoup d'entre elles ont, tout simplement, fait faillite. Autre explication possible. Cette remontée du chômage annonce, du coup, une baisse mécanique de la consommation, dernier moteur, en France, qui soutenait l'activité. C'est clair, la question désormais n'est plus d'évaluer l'ampleur de la crise (-1, -2%...), mais de savoir ce qu'on fait pour la contrer. Barack Obama prend les commandes d'une Amérique en crise. Il est le premier président noir des Etats-Unis. Il est aussi le président d'une Amérique qui connaît sa pire crise économique, depuis la "grande dépression" des années 30. Il l'a dit en tout cas : sa priorité, c'est donc l'adoption, au plus vite, de son Plan de relance, chiffré à 825 milliards de dollars. 2 tiers de cette somme seront consacrés à des dépenses et à des investissements en infrastructures. Le reste se traduira en allégements d'impôts aux particuliers et aux entreprises. L'auto en crise (1). En France, le gouvernement appelle ça, les "Etats généraux de l'Automobile". Un millier de participants, réunis à Bercy, toute la journée. Constructeurs, équipementiers, sous-traitants, syndicats et experts vont travailler sur les moyens à mettre en oeuvre de sauver la filière. Les annonces concrètes attendront début février. L'auto en crise (2). Au Japon, Toyota annonce des ventes en baisse de 4%, en 2008 et, surtout, limoge son patron. Akio Toyoda, petit-fils du fondateur du groupe, prend les rênes de l'entreprise pour la relancer.

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