C'était entre Noël et Jour de l'An derniers. Vous étiez, sans doute, occupé à autre chose et ça a dû vous échapper, mais des internautes découvraient une énorme "boulette", une splendide "bourde", sur le site internet du Premier ministre: ledit site s'était mis à confondre milliards et millions d'euros, sur la page présentant le "Grand emprunt". Le "Grand emprunt Guaino-Sarkozy" ne valait plus que 35 millions d'euros: c'était écrit en très gros. Et tout au long de la page, les priorités déclinées les unes après les autres, étaient, toutes divisées, par mille: 8 millions pour la Recherche, 5 millions pour le développement durable, etc... L'erreur a été, évidemment, vite corrigée mais, à l'époque, les esprits mal tournés (un peu comme le mien) se sont dit qu'il s'agissait, peut-être, d'une sorte "d'acte manqué": le Premier ministre qui parlait d'un "Etat en faillite", devait vouloir signifier, de cette manière, son désaccord face à l'idée d'endetter la France de 35 milliards supplémentaires! Mais aujourd'hui, en regardant, en détail, comme va se mettre en place ce "Grand emprunt" (il est présenté, officiellement, ce matin en Conseil des ministres), on peut avoir une autre lecture de cet indident. La confusion entre milliards-millions est, en fait, entretenue sur une partie du dispositif. C'est criant quand on regarde l'enveloppe accordée aux Universités: 8 "milliards", martèlent le Président de la République et le gouvernement... sauf que cette somme ne sera pas directement dépensée. Elle va être placée, et seuls les intérêts seront distribués aux établissements universitaires. Soit un peu plus de 200 millions pour cette année. Des millions (et c'est une bonne nouvelle) mais pas des milliards! Sur la totalité de ce Grand emprunt, Matignon a choisi d'être extrêmement rigoureux, avec cet objectif: il faut que ces investissements (qui s'élèvent bien à 35 milliards) ne soient pas comptabilisés, à cette hauteur-là dans le déficit. Histoire de ne pas fâcher Bruxelles, qui surveille les fameux critères de Maastricht comme le lait sur le feu. Histoire aussi de ne pas inquièter les marchés financiers: il faut leur prouver que le déficit et la dette sont sous contrôle. C'est pour ça, que concrêtement le "Grand emprunt" se traduira par beaucoup de dotations en capital (comme pour les universités), de prêts (remboursables) et de prises de participation. Avec ce résultat: 60% des dépenses du Grand emprunt sont, en fait, des dépenses non consommables! François Fillon veut mettre fin à la cacophonie dans la filière nucléaire française. Le Premier ministre convoque, cet après-midi à Matignon, les patrons d'Areva et d'EDF, Anne Lauvergeon et Henri Proglio. Les 2 entreprises publiques sont en conflit ouvert, et public!, à propos de contrats d'approvionnement et de retraitement de l'uranium. EDF accusait même, lundi, Areva d'avoir cessé ses livraisons... François Fillon entend, cet après-midi, faire taire ses querelles entre les 2 groupes. Il estime qu'elle nuisent à l'ensemble de la filière nucléaire française, et à son image à l'étranger alors même qu'elle vient de rater le "contrat à 40 milliards de dollars" d'Abu Dhabi. Proglio X2. Bercy, hier, a confirmé que -contrairement à ce que promettait Christine Lagarde- Henri Proglio a obtenu de cumuler 2 salaires: l'un versé par EDF qu'il dirige, l'autre par Véolia, dont il préside toujours le Conseil d'administration. Le tout, pour 2 millions d'euros. La taxe carbone 2. Jean-Louis Borloo en présente les grands principes, aujourd'hui. Mais le problème reste entier pour le gouvernement: comment taxer les grandes industries polluantes, sans pénaliser leur compétitivité.

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