C'était il y a une semaine exactement. Juste après ma chronique, j'ai filé à un rendez-vous fixé de longue date: un petit-déjeuner, en tête-à-tête, avec Augustin de Romanet, le Directeur général de la Caisse des Dépôts. Drôle de rendez-vous, en fait, parce que le matin même, un article des Echos révélait que le patron de la Caisse, mon hôte, ne pourrait pas effectuer, contrairement à son souhait, un deuxième mandat à la tête de l'institution, le "bras financier" de l'Etat. "Je suis un homme libéré" lâche-t-il d'entrée. "Après 5 années passionnantes, prenantes, angoissantes passées ici (sa gorge se serre quelques secondes)... je vais pouvoir arrêter de fumer, maigrir", dit-il en souriant, avant de commander des oeufs brouillés. Il affirme que c'est cet article des Echos qui l'a définitivement convaincu que tout était fini. 4 jours plus tôt, au nom de la "République irréprochable" (l'une de ses promesses de campagne), Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'à 3 mois de la Présidentielle, il ne procéderait à aucune nomination à la tête des établissements publics "jouant un rôle essentiel dans la vie économique et sociale". Concrètement, seule la Caisse des Dépôts est concernée. Et donc, son patron: Augustin de Romanet. En fait, la démarche est sans doute moins "républicaine" qu'il n'y parait: en procédant ainsi, Nicolas Sarkozy, astucieusement, évite une polémique avec la Gauche qui l'attendait au tournant dans ce dossier. Le Chef de l'Etat souhaite, en effet -c'est de notoriété publique-, nommer Xavier Musca, l'actuel Secrétaire général de l'Elysée, à la tête de Caisse. Mais s'il l'avait fait maintenant, il aurait dû essuyer nombre de critiques. En renvoyant la décision, à l'après-Présidentielle, il conserve (s'il est rééllu) cette possibilité. Entre-temps, et c'est ce qu'expliquait l'article des Echos, l'intérim à la tête de la Caisse des Dépôts ne pourra être effectué par l'actuel patron. Augustin de Romanet qui espérait encore une solution "temporaire", sait, donc qu'il doit s'en aller. Mais il n'a reçu aucun coup de fil de l'Elysée ou de Matignon pour le lui dire. Il va, donc, partir. Sans bruit, mais "avec le sentiment du devoir accompli" dit-il. "J'ai défendu l'intérêt général, multiplié les moyens de la Caisse (22 milliards de prêts accordés, l'année dernière), et j'ai surtout défendu son indépendance". Est-ce ce qui a agacé le Président de la République? Mercredi, en tout cas, au cours du Sommet social, devant les partenaires sociaux, Nicolas Sarkozy a critiqué, assez vertement, semble-t-il, la gestion de Fonds Stratégique d'Investissement, filiale de la Caisse des Dépôts. Faute d'explication officielle pour justifier ce départ, il faut, à ce stade, se contenter de celle-là.

En baisse. C'est la "mauvaise nouvelle" de la semaine prochaine: le FMI va réviser très sérieusement à la baisse la prévision de croissance française. +0,2% seulement, cette année. Contre 1,4%, anticipés jusqu'ici par le Fonds Monétaire International. C'est l'agence italienne Ansa qui révèle l'information, "version préliminaire", dit-elle, des nouvelles prévisions économiques que publiera, la semaine prochaine, le FMI. Pour le gouvernement français, c'est une mauvaise nouvelle, lui qui a calé son budget sur une prévision 5 fois supérieure (à 1%). Il devrait la réviser, officiellement, début février. Avec, peut-être, à la clé, de nouvelles mesures de rigueur.En baisse, aussi. En tout cas, les marchés ignorent ces prévisions. Tout comme la perte du triple A. La France a emprunté sans problème, hier, plus de 9 milliards d'euros (pour financer sa dette), avec des taux d'intérêt en baisse.

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